jeudi 16 avril 2026
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Comme une voiture volée

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Le prix du bâton de rouge à lèvres ! La seule ligne maquillage, dans le budget d’un film hollywoodien, dépasse souvent les 500 000 dollars, nous apprend Frédéric Martel dans Mainstream (Flammarion), consacré à la guerre que se livrent Europe, Amérique, monde arabe, Inde, Chine, Brésil, et quelques autres pour nous inonder de produits culturels de masse. Formidables pages sur la Motion Picture Association of America (MPAA), lobby des studios hollywoodiens, qui planifie la conquête mondiale du cinéma américain. Depuis les années 1990, l’industrie du divertissement est devenue la deuxième des Etats-Unis après l’aérospatiale. Ce qui signifie que, dans maints pays, le représentant de la MPAA, souvent un ex-agent de la CIA ou du FBI, a plus de poids qu’un ambassadeur américain. Déception : les studios hollywoodiens ne fabriquent plus de films ! Chaque partie d’une production est sous-traitée à des entreprises spécialisées en Asie ou à des artisans de Los Angeles. Compter 115 000 entreprises, la plupart des PME de moins de dix personnes, pour fabriquer le cinéma et la télévision américains. Plus loin, Monsieur Martel nous détaille (page 199) tous les sujets à éviter pour espérer recevoir un visa de distribution en Chine, puissance cinématographique montante. Hormis la sexualité, la violence, les droits de l’homme, l’islam, le Tibet, et tant d’autres, un film en demande d’un visa chinois ne devra critiquer aucun des alliés de l’Empire du Milieu (Russie, Venezuela, Cuba, dictatures africaines) ni faire l’apologie d’un voisin peu aimé, comme l’Inde ou le Japon… Et cette semaine, ici, honneur à Louise Michel la rebelle, campée par Sylvie Testud. Pas d’exportation chinoise en vue.

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