Alors que les supporters de l’ASM s’étaient élevés contre les dernières interdictions de stade, le gouvernement veut mettre les points sur les “i” sur le bien-fondé de ces sanctions. Mais annonce des changements.
La réponse du berger à la bergère. Après un communiqué de presse incendiaire des clubs de supporters de l’ASM, le gouvernement a décidé de répliquer et de légitimer les sanctions prises contre des « condisciples de tribune » (1). Flashback : le 8 mars, des supporters se voient interdire l’accès au stade lors du match ASM-FC Sochaux. En guise de protestation, les Ultras 94 quittent le stade une dizaine de minutes après le coup d’envoi. Suivis de près par une partie des membres du CSM à la mi-temps. Deux jours plus tard, pour une fois unies, les deux entités expliquent les raisons de leur mouvement d’humeur. Outre l’interdiction d’accès au stade de dernière minute, suite au match contre l’OM un mois avant, les deux groupes avancent qu’ils sont victimes de « menaces d’interdiction de stade pour des faits qui se dérouleraient hors du stade Louis II à des dates où il n’y a pas de match ». Et même que certains supporters ont subi des menaces portant sur leur permis de travail de la part des représentants des forces de l’ordre.
Tolérance zéro ?
Autant d’accusations que le gouvernement ne compte pas laisser passer. Selon lui, plus question de « s’accommoder d’une certaine tolérance bon enfant ». Avec la montée en Ligue 1 de l’ASM, place à « l’exemplarité » des supporters. Or, l’Intérieur déplore « le comportement de quelques individus, certes isolés et très peu nombreux » qui « ternissent » et « fragilisent » les actions menées par le club et les pouvoirs publics. Notamment lors du match contre l’Olympique de Marseille, le 26 janvier : des supporters de l’ASM avaient réagi après avoir été copieusement provoqués et insultés par leurs homologues marseillais… « Le comportement d’une poignée de supporters lors du match contre l’OM illustre s’il en est besoin cette fragilité et commande de ne pas relâcher les efforts entrepris », juge le gouvernement. Avançant que « chacune des interdictions de stade prononcées à l’encontre d’une dizaine de supporters l’ont été consécutivement à des actes et des faits établis et répréhensibles au regard des règlements, et fait l’objet d’une notification à chaque intéressé. »
Menaces
En revanche, l’Intérieur admet que les sanctions « méritent d’être davantage explicitées pour mieux être comprises, tant par les fautifs que par les autres supporters. » Les clubs de supporters regrettaient en effet que les intéressés n’aient pas été prévenus à l’avance « par courrier recommandé comme le veut l’usage ». Mais aussi et surtout que l’ASM-FC n’était pas au courant de ces interdictions. Sur ce point, le gouvernement annonce que « les modalités de communication de la liste des interdits de stade aux responsables de la sécurité du club seront modifiées afin d’informer ces derniers, dès la prise de la mesure, sans attendre la notification de celle-ci, de manière à éviter le cas de figure du 8 mars dernier. » Tout en rappelant que « le non retrait volontaire de la lettre recommandée de notification par l’un d’entre eux, peut-être dans la perspective de plaider son ignorance de la mesure, ne doit pas être de nature à nier la réalité de celle-ci. » En ce qui concerne les menaces faites sur les permis de travail énoncées par les supporters, le gouvernement entend enfin se montrer intransigeant. Jugeant que « l’interprétation abusive d’un chantage à l’emploi qui est faite d’un tel exposé n’est pas acceptable et doit être dénoncée. » A bon entendeur.



