samedi 11 avril 2026
AccueilActualitésSportL’État monégasque verse 2,5 millions d’euros à l’ASM Basket pour combler ses...

L’État monégasque verse 2,5 millions d’euros à l’ASM Basket pour combler ses dettes

Publié le

En réglant 2,5 millions d’euros de dettes à la veille d’une audience cruciale, le gouvernement monégasque a offert un mois de sursis à l’AS Monaco Basket. Le tribunal doit désormais examiner la situation financière du club d’ici au 3 avril 2026, alors que la crise interne et l’incertitude sur l’avenir de la Roca Team continuent de s’étendre du parquet jusqu’aux coulisses. Par Clément Martinet

C’est donc de l’argent public qui épongera une partie des dettes générées par la direction de l’ASM Basket. Jeudi 5 mars 2026, l’État monégasque a réglé 2,5 millions d’euros de dettes du club, comblant salaires, cotisations sociales et paiements divers, à la veille d’une audience judiciaire cruciale. L’opération a été réalisée via la Société nationale de financement (SNF), après l’acquisition d’une unique action de la société anonyme monégasque (SAM) AS Monaco Basketball par la puissance publique. Cette intervention a permis d’éviter une déclaration immédiate de cessation de paiements lors de l’audience tenue le lendemain, vendredi 6 mars 2026, devant le tribunal de première instance. La juridiction a toutefois nommé un mandataire judiciaire chargé d’établir un état précis de la situation financière du club. Une nouvelle audience est prévue le 3 avril 2026. Le procureur général a, lui, clairement demandé la cessation de paiements, signe que les inquiétudes sur la viabilité économique de la structure restent toujours aussi fortes.

Le procureur général a demandé la cessation de paiements, signe que les inquiétudes sur la viabilité économique de la structure restent toujours aussi fortes

Terminer la saison

Jusqu’à cette prochaine échéance judiciaire, les dirigeants actuels, Aleksej Fedorycsev et Oleksiy Yefimov, conservent les commandes du club. Mais leur gestion se fera désormais sous la surveillance du mandataire désigné par le tribunal. Lors de l’audience, la défense de l’AS Monaco Basket a évoqué des discussions avec un potentiel partenaire étranger. Une piste qui nécessiterait cependant « plusieurs mois » pour se concrétiser. De son côté, le parquet a pointé un manque de transparence du club concernant ses finances. D’autant qu’une question subsiste : pourquoi l’État efface-t-il une partie des dettes du club, plutôt que de laisser le tribunal prononcer immédiatement la cessation de paiements, afin de le reprendre en main ? Selon plusieurs sources proches du dossier, l’intervention de l’État viserait avant tout à éviter une disparition brutale du club en pleine saison. Une faillite immédiate aurait en effet perturbé le championnat de France et l’Euroligue, deux compétitions dans lesquelles la Roca Team est engagée. L’État monégasque a ainsi réglé les dettes dues à la Ligue nationale de basket (LNB) et à la Fédération française de basketball (FFBB) : engagements financiers, frais d’arbitrage, charges administratives ou encore la “luxury tax” de la saison 2024-2025. En revanche, la “luxury tax” 2025-2026 reste en suspens. Elle devrait être abordée lors d’une conciliation devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) le 10 mars 2026 [Monaco Hebdo bouclait ce numéro dans la matinée du 10 mars 2026 — NDLR]. Cette opération a également permis de régler une autre urgence : les salaires. Les joueurs, qui n’avaient plus été payés depuis plusieurs mois pour certains, auraient finalement reçu leurs rémunérations jusqu’à l’échéance de février 2026. Mais cette injection financière ne règle rien sur le fond. À moyen terme, aucun projet clair ne semble émerger pour assurer l’avenir du club. La piste NBA Europe, si elle est réellement envisagée, se heurte aux contraintes logistiques et à la trop petite taille du stade Gaston Médecin [à ce sujet, lire note article La piste NBA Europe pour sauver l’ASM Basket, publié dans Monaco Hebdo n° 1412 — NDLR].

Démission ?

Pendant que les dirigeants tentent de sauver les comptes, la tension est également montée sur le parquet. Le 5 mars 2026, en Euroligue, Monaco s’est incliné lourdement face au Fenerbahçe (70-88), concédant une septième défaite en huit matches dans la compétition. Une série noire qui relègue la Roca Team à une inquiétante dixième place dans la course aux play-offs. Au coup de sifflet final, cette frustration a éclaté au grand jour : Mike James a poussé son coéquipier Elie Okobo devant le banc monégasque. Un contraste saisissant avec la saison précédente, où Monaco avait atteint la finale de l’Euroligue, finalement perdue à Abu Dhabi. La crise pourrait également emporter le staff technique. Arrivé en novembre 2024, l’entraîneur Vassilis Spanoulis aurait présenté sa démission à la direction du club, selon plusieurs informations concordantes. L’ancien meneur grec n’était d’ailleurs pas présent sur le banc pour la réception de Cholet en championnat. Il a été remplacé par l’assistant Sergii Gladyr comme coach principal, le temps de la soirée, pour accrocher la victoire (89-79). Élie Okobo (21 points, 5 passes) et ses coéquipiers ont ainsi signé leur douzième victoire de suite en Betclic Élite, confortant leur place de leader, malgré ce contexte tumultueux.

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail