lundi 13 avril 2026
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Le Grand Prix de Monaco prolongé jusqu’en 2031

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Le Grand Prix de Monaco va rester au calendrier de Formule 1 jusqu’en 2031. Une prolongation de six ans, à partir de 2026, a été signée entre l’automobile club de Monaco et la F1. Dès 2026, un changement de date interviendra. Le Grand Prix de Monaco aura lieu le premier week-end de juin.

C’était un sujet que beaucoup de monde suivait de très près en principauté. Le Grand Prix de Monaco allait-il continuer à animer les rues de Monaco ? Le 20 septembre 2022, un accord avait été trouvé, pour trois éditions supplémentaires, jusqu’en 2025, donc.

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Mais, après la course du mois de mai 2024, qu’allait-il advenir pour cet évènement, qui génère plusieurs dizaines de millions d’euros de retombées, directes et indirectes, selon le gouvernement monégasque ? Alors que le doute planait, le suspense a finalement été levé le 14 novembre 2024. Un communiqué de presse a acté la prolongation du Grand Prix en principauté jusqu’en 2031, un accord ayant été trouvé avec le détenteur des droits de la Formule 1 (F1), Liberty Media. « Je suis heureux que la F1 continue de rouler à Monaco jusqu’en 2031. Les rues de Monte-Carlo sont uniques, elles constituent un élément célèbre de la F1, et le Grand Prix de Monaco reste une course que tous les pilotes rêvent de remporter », a indiqué le président et directeur général de la F1, Stefano Domenicali, par le biais d’un communiqué de presse.

Monaco multiplie ses dépenses par deux

« La signature de ce nouvel accord avec le Formula One Group jusqu’en 2031, confirme non seulement la solidité de notre relation, mais réaffirme également notre engagement à offrir à tous les visiteurs une expérience inégalée et de première classe lors des week-ends de course », a affirmé, pour sa part, le président de l’automobile club de Monaco, Michel Boeri. Le montant de ce nouvel accord n’a pas été révélé, pas plus que les éventuelles contreparties en faveur du propriétaire de la F1, le groupe américain Liberty Media, qui perçoit une redevance pour faire venir la F1. La presse spécialisée avait alors affirmé que l’automobile club de Monaco avait « abdiqué », et que Formula One avait « raflé la mise », laissant entendre que les contreparties consenties par la principauté étaient très lourdes.

Ce dénouement heureux pour les autorités monégasques est à mettre en rapport avec les difficultés rencontrées lors des négociations qui se sont déroulées pendant l’été 2022. Le prince Albert II avait alors dû s’impliquer personnellement, afin d’assurer une continuité et une fluidité dans le dialogue avec Liberty Media

Dans les colonnes de Monaco-Matin, Michel Boeri avait alors répondu : « Ils ne savent rien de ce qui s’est passé. Cela fait du buzz de dire que le casino a sauté, mais ça n’a aucune importance. » Cette fois-ci, pour ce nouveau bail 2026-2031, le Daily Mail évoque un contrat à 30 millions d’euros par course, soit un total d’environ 180 millions pour six ans. Cela équivaudrait au double de ce que payait Monaco jusqu’à présent. Contactés par Monaco Hebdo, ni le gouvernement monégasque, ni l’automobile club de Monaco n’avaient répondu à nos questions à ce sujet, alors que la rédaction bouclait ce numéro, le 19 novembre 2024. Si ces chiffres sont élevés, il faut se souvenir qu’en mars 2022, Liberty Media avait affolé les compteurs dans d’autres proportions. La F1 avait alors officialisé l’inscription au calendrier d’un Grand Prix à Las Vegas dès 2023, et cela pour dix ans. Selon plusieurs médias, dont le Daily Mail, cet accord était, à l’époque, le plus rentable pour Liberty Media, avec un total d’environ 117 millions d’euros par course, soit plus d’un milliard pour dix Grands Prix. De son côté, selon The Guardian, l’Arabie saoudite paierait 650 millions de dollars sur une période de dix ans, pour organiser le Grand Prix de Jeddah, puis de Quiddiya.

Grand Prix de Monaco Automobile Club
« Cet accord marque le début d’une nouvelle ère de partenariat et d’innovation entre la Formule 1 et Monaco. » Stefano Domenicali, PDG de la F1 (à gauche sur la photo, en compagnie de Michel Boeri, président de l’automobile club de Monaco). © Photo ACM

« Stress et paillettes »

Une certitude : alors que la la capitalisation boursière de la F1 dépasserait désormais les 15 milliards de dollars, selon Forbes, le business des Grands Prix continue de bien se porter. Ce qui est certain aussi, c’est que l’accord signé entre l’automobile club de Monaco et Liberty Media prévoit un changement de date. Habituellement, le Grand Prix de Monaco se déroulait traditionnellement le dernier week-end du mois de mai, souvent en même temps que le festival de Cannes. Ce ne sera plus le cas. A partir de 2026, la course se déroulera en principauté le premier week-end du mois de juin. Il faudra mesurer si cela vient impacter, ou non, le nombre de spectateurs qui feront le déplacement à Monaco. Ce dénouement heureux pour les autorités monégasques est à mettre en rapport avec les difficultés rencontrées lors des négociations qui se sont déroulées pendant l’été 2022. Le prince Albert II avait alors dû s’impliquer personnellement, afin d’assurer une continuité et une fluidité dans le dialogue avecLiberty Media. Autre écueil qu’il a fallu contourner : les critiques récurrentes faites par rapport au manque de spectacle offert par cette course dans les rues de Monaco. Ces dernières années, le tracé de 3,3 kilomètres du Grand Prix de Monaco a en effet été régulièrement pointé du doigt, avec les faibles occasions de dépassement qu’il offre. Lors de la saison 2024, avec 82 dépassements, le Grand Prix inaugural de Las Vegas a ainsi offert le double de franchissements que les cinq derniers Grand Prix de Monaco [41 — NDLR].

« Je suis heureux que la F1 continue de rouler à Monaco jusqu’en 2031. Les rues de Monte-Carlo sont uniques, elles constituent un élément célèbre de la F1, et le Grand Prix de Monaco reste une course que tous les pilotes rêvent de remporter »

Autre statistique qui ne plaide pas en faveur du spectacle en principauté : pour la première fois dans l’histoire de la F1, lors du Grand Prix de Monaco 2024, les dix premiers à s’élancer sur la grille de départ ont franchi la ligne d’arrivée exactement dans le même ordre. Plus récemment, Le Figaro a classé tous les circuits de Formule 1 de la saison 2024 « du pire au meilleur ». Pour cela, ce quotidien français a mis une note sur l’histoire de la course, la technicité du circuit et le spectacle offert. Sur 24 Grands Prix, Miami est bon dernier, et Monaco 15ème. « Le meilleur moment du GP de Monaco ? La qualification, où les pilotes prennent le maximum de risques entre les rails pour signer la pôle, et les à-côtés, où les stars se précipitent. C’est stress et paillettes. Pour le reste, l’ennui est souvent au rendez-vous. Il est quasi impossible de doubler (aucun dépassement en 2003 et 2021). Parfois, la pluie amène un peu de piment à un plat bien fade », commente Le Figaro, qui relève tout de même que le caractère historique du circuit contribue à redonner du cachet à cette épreuve : « Malgré le faible suspense, la routine et la concurrence des nouveaux venus (Miami ou Las Vegas), Monaco, avec ses mythiques Sainte-Dévote, Mirabeau, Rascasse, gagne à tous les coups. Et pour cause : pour les pilotes, une victoire dans la principauté équivaut à un titre de champion du monde. » Les trois premiers du classement établi par Le Figaro sont le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, qui s’adjuge la première place, le Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps, et le Grand Prix du Brésil, à Interlagos.

Le Daily Mail évoque un contrat à 30 millions d’euros par course, soit un total d’environ 180 millions pour six ans. Cela équivaudrait au double de ce que payait Monaco jusqu’à présent

« Créer un calendrier optimisé »

Créé en 1929 par Antony Noghès, le Grand Prix de Monaco pourra donc fêter ses 100 ans en 2029, tout comme en 2029, tout comme il pourrait servir d’écrin à la F1 pour célébrer ses 75 ans, selon des rumeurs. Avec dix Grands Prix en Europe, et un total de course limité à 24 par an, la logique est désormais à l’alternance entre certains Grands Prix. Si le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone a signé le 9 février 2024 un accord pour dix ans de plus, et que Monaco vient de lui emboîter le pas, il faudra désormais observer quelles courses seront contraintes à miser sur l’alternance. « Nous allons très bientôt partager des informations concernant, à moyen terme, une rotation de certains Grands Prix européens au calendrier annuel de la F1. Nous recevons de nombreuses offres pour intégrer le championnat, qui, avec 24 dates par saison, ne peut raisonnablement être extensible. Or, nous devons aussi penser au développement économique de notre sport », a indiqué Stefano Domenicali, cité par L’Equipe.

Avec dix Grands Prix en Europe, et un total de course limité à 24 par an, la logique est désormais à l’alternance entre certains Grands Prix. Si le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone a signé le 9 février 2024 un accord pour dix ans de plus, et que Monaco vient de lui emboîter le pas, il faudra désormais observer quelles courses seront contraintes à miser sur l’alternance

Les tarifs pour obtenir l’organisation d’un Grand Prix seraient variables, de 25 millions d’euros pour une course en Europe, jusqu’à 70 millions dans un pays du Golfe. Après Monaco, d’autres circuits voient leur contrat prendre fin en 2025, notamment Imola, Zandvoort, Spa, et Monza. Seront-ils concernés par une alternance avec d’autres courses ? Cette hypothèse pourrait prendre de l’épaisseur dans les mois à venir, alors que Monaco est parvenu, pour sa part, à sécuriser son Grand Prix pour les six prochaines années. « Cet accord marque le début d’une nouvelle ère de partenariat et d’innovation entre la F1 et Monaco. C’est le leadership tourné vers l’avenir du prince Albert II de Monaco qui nous permettra de créer un calendrier optimisé, réduisant la pression sur la logistique et diminuant l’impact environnemental de notre championnat mondial, alors que nous poursuivons notre chemin vers notre objectif de zéro émission nette d’ici 2030 », a souligné Stefano Domenicali. Monaco a été présent dès la première éditions du championnat du monde de F1 en 1950, et cela, sans aucune interruption depuis 1955. Même si elle se révèle plus coûteuse que jamais, l’aventure de la principauté en F1 se poursuivra donc, au moins jusqu’en 2031.

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