La règle avait été pensée comme un électrochoc, mais elle n’est déjà plus d’actualité. Publié le vendredi 27 février 2026, le règlement sportif 2026 de la Formule 1 (F1) vient rebattre les cartes : dans sa section B, consacrée au volet sportif, l’article B.6.3.6 conserve bien l’obligation d’utiliser au minimum deux composés de pneus différents. Mais toute référence explicite à l’utilisation de trois trains de pneus, et donc à deux arrêts obligatoires, a disparu. Un retrait discret, mais lourd de sens, qui acte implicitement l’échec de la mesure déployée lors du Grand Prix de Monaco 2025. Sans l’énoncer frontalement, la fédération internationale de l’automobile (FIA) semble reconnaître que la contrainte réglementaire ne suffit pas à résoudre les limites intrinsèques du circuit de Monte-Carlo. Pour rappel, en février 2025, la FIA annonçait, en marge de la cérémonie « F1 75 Live » organisée à Londres, l’instauration d’une règle spécifique au Grand Prix de Monaco : deux arrêts aux stands obligatoires en course, via l’utilisation d’au moins trois trains de pneus et de deux composés différents sur piste sèche. Approuvée officiellement le 26 février 2025 par le conseil mondial du sport automobile, la mesure poursuivait un objectif assumé : « améliorer le spectacle sportif ». Un aveu implicite des limites structurelles du tracé monégasque, où les dépassements sont devenus, au fil des saisons, une denrée rare. Dans les faits, l’effet recherché n’a jamais réellement eu lieu. Malgré cette contrainte réglementaire inédite, la course n’a pas retrouvé l’imprévisibilité espérée. Le nombre de dépassements est resté très maigre, alors que les stratégies de course se sont rapidement alignées depuis les stands. Pire : certaines écuries ont été accusées d’avoir volontairement ralenti le peloton, afin de figer les positions au moment des passages par les stands, neutralisant toute tentative de dynamisation artificielle. D’une certaine manière, cette règle a produit l’effet inverse. Elle a transformé la course en exercice de gestion collective, plutôt qu’en affrontement stratégique ouvert [à ce sujet, lire notre article Comment rendre le Grand Prix de Monaco plus spectaculaire, publié dans Monaco Hebdo n° 1379 — NDLR]. Autre nouveauté notable du règlement 2026 : l’allongement de la durée de la Q3, la troisième et dernière partie de la séance de qualifications, qui détermine l’ordre de départ pour la course. La FIA a décidé d’accorder une minute supplémentaire à la dernière phase des qualifications. Autre nouveauté pour cette saison 2026 de F1 : l’arrivée d’une onzième écurie sur la grille, Cadillac. Jusqu’à présent il n’y avait que dix équipes : avec Cadillac, il y aura donc 22 pilotes en piste. Enfin, les dix monoplaces en lice pour la pole position ne disposeront plus de 12, mais de 13 minutes en piste lors de la troisième manche des qualifications. Une modification marginale en apparence, mais qui pourrait offrir davantage de fenêtres stratégiques et réduire la congestion en piste, notamment sur un tracé aussi contraint que Monaco. Le Grand Prix de Monaco aura lieu du vendredi 5 juin au dimanche 7 juin 2026.
Grand Prix de Monaco 2026 : il n’y aura plus deux arrêts obligatoires aux stands
Publié le



