A la tête de l’AS Monaco depuis un mois, Laurent Banide doit sauver le club de la Principauté de la relégation. Celui qui a déjà entraîné les Rouge et Blanc au cours de la saison 2006-2007 veut surtout que son groupe trouve une philosophie de jeu.
Par Romain Renner.
Tirer un premier bilan de l’action de Laurent Banide à la tête de l’ASM serait prématuré. Après un mois d’activité, le coach des Rouge et Blanc n’a dirigé que quatre rencontres (deux nuls, une défaite, une victoire) et a dû gérer un mercato qu’il n’a, de son propre aveu, « pas eu le temps de préparer ». Reste que la situation d’urgence dans laquelle se trouve son club oblige l’entraineur asémiste à obtenir des résultats. Et vite. Laurent Banide n’a donc, a priori, absolument pas le temps de tester son équipe. A priori seulement.
A écouter l’entraîneur monégasque, la priorité de l’ASM ne serait pas de prendre des points mais de (re) trouver une identité de jeu. « On ne peut pas se mettre tous derrière et espérer ne pas prendre de buts pour gagner des matches à l’arrachée », explique-t-il. Avant la rencontre face à Lorient, l’entraîneur écartait même toute idée de pression liée à la performance?: « C’est un match que l’on doit jouer sans se préoccuper du résultat. Il faut retrouver du plaisir sur le terrain », explique le coach. Avant d’ajouter?: « La culture de la gagne vient en jouant et en gagnant ».
Force est de constater que le fils de Gérard Banide – ancien grand entraîneur du club, champion en 1982 et vainqueur de la coupe en 1980 – a vu juste sur ce point. Face à Lorient, le 12 février, ses hommes ont tenté de créer du jeu et, malgré quelques maladresses, l’ont emporté (3-1). Avec cinq point pris sur douze possibles depuis l’arrivée de Banide, Monaco est encore loin du compte mais la machine semble se remettre doucement en marche. A la veille de la vingt-quatrième journée de championnat qui le verra affronter Brest (9ème), le club princier n’est plus qu’à un point du premier non-relégable, l’AJ Auxerre.
Déjà un effet Banide??
Sans tomber dans un excès d’euphorie – malvenu pour un club classé dix-huitième-, il faut reconnaître que depuis le retour aux affaires de Laurent Banide, les Asémistes retrouvent peu à peu le niveau de jeu qui aurait dû être le leur depuis le début de saison. Cette impression d’embellie est d’ailleurs partagée par les supporters. Norbert Siri, président du Club des supporters de l’ASM, confirme « les progrès de toute l’équipe depuis quelques rencontres malgré le non-match face à Toulouse (défaite 2-0, ndlr) ». Bien qu’opposé au départ de Guy Lacombe, Romain Fantino, des Bulls de Monaco, se dit « optimiste » quant aux prestations de l’équipe?: « Laurent Banide sait comment faire et connaît parfaitement les particularités du club ».
Sur le terrain, on se réjouit du jeu proposé. « Malgré nos problèmes récurrents de fébrilité défensive, on a montré des choses intéressantes », constate Romain Fantino, avant de féliciter « un grand Ruffier ». Les petits soucis de la base arrière monégasque n’inquiètent pas outre mesure Norbert Siri qui souligne le côté prometteur de l’association Nkoulou/Adriano ainsi que les prestations « en progrès » de la recrue Mahamadou Diarra. « Si on lui laisse le temps de retrouver le rythme, il deviendra le patron de l’équipe », complète Siri.
Un bon recrutement
L’ancien madrilène n’est pas le seul nouvel arrivant à satisfaire le club et ses supporters. Georgie Welcome, l’international hondurien arrivé en provenance du CD Motagua (première division hondurienne), a impressionné Norbert Siri par sa combativité. « Il va faire souffrir les défenses », prédit-il. Un avis partagé par Laurent Banide qui considère que ce joueur va « surprendre tout le monde d’ici à la fin de saison ». Bien qu’il n’ait pas marqué, le grand avant-centre a beaucoup pesé sur la défense lorientaise et a montré qu’il avait largement les capacités pour ne pas réitérer le « flop Mbokani ».
D’une manière générale, le coach monégasque est satisfait de son recrutement. Même s’il n’a pas pu conserver certains de ses éléments (Alonso et Mbokani) car « il est toujours difficile d’aller contre la volonté des joueurs ». Les joueurs signés en contrepartie (Diarra et Welcome, donc, mais aussi Moukandjo, Feindouno et Lacombe) étaient bien ceux qu’il désirait voir au Louis II.
Quant au retour de Maazou, blessé et indisponible jusqu’à la fin de la saison, il apparaissait « logique » aux yeux de l’entraîneur qui avait besoin d’un élément « prêt immédiatement ». « Sa venue me semblait cohérente par rapport à sa frustration girondine et sa réussite chez nous l’an passé (22 matches et 8 buts toutes compétitions confondues, ndlr) », explique Laurent Banide à propos de celui qui a quitté Bordeaux à cause de ses déclarations peu respectueuses envers le club.
Sauver le club avant de penser à l’avenir
Le joueur nigérien qui n’aura eu le temps de disputer qu’une vingtaine de minutes sous le maillot monégasque (face à Auxerre) n’est pas du tout sûr de rejouer un jour pour l’ASM. Laurent Banide reconnaît ne pas faire ce genre de projection vers le futur. « On s’occupe d’abord du présent avant de faire des projets d’avenir », explique-t-il.
S’il se refuse à évoquer l’avenir — que ce soit pour ses joueurs ou pour lui-même -, c’est que le coach monégasque est conscient qu’il est encore trop tôt pour parler du long terme. « On doit d’abord se sauver », rappelle-t-il. Le discours est le même chez les fidèles du club. Norbert Siri, bien qu’il serait, a priori, pour « le maintien de l’entraîneur l’an prochain », comprend que la direction du club préfère « attendre avant de prendre une telle décision ».
Le président du club des supporters de Monaco rappelle également que le mois à venir sera « très important avec des matches difficiles à jouer » contre des équipes ayant, comme Monaco, une épée de Damoclès au-dessus de la tête. « Ce sont ces rencontres qui nous donneront une idée plus précise pour la suite des événements », ajoute-t-il. Un commentaire qui fait écho à la philosophie de Laurent Banide, qui rappelle que « la seule vérité est celle du terrain ». L’AS Monaco, et son entraîneur, joueront donc leur avenir sur le pré. Prochaine étape sur la route du maintien?: Brest, le 19 février à 19h.