Une étude de Vestiaire Collective, site internet leader européen de la mode d’occasion de luxe et du haut de gamme, révèle les habitudes de leurs clientes monégasques. Chanel, Hermès et Valentino trustent le haut du tableau des marques préférées.
La start-up parisienne Vestiaire Collective a trouvé un bon moyen d’allier commerce et communication. Sous la houlette de sa nouvelle responsable France, Sabrine Mouden, le site internet vient de rendre public une étude sur les tendances mode par région en France et à Monaco. Le principe : « Dites-nous où vous habitez, nous vous dirons comment vous vous habillez… » Si on se fie aux quatre millions de membres que revendique Vestiaire Collective, cet examen des habitudes d’achat marque un nouveau mode de consommation à Monaco. « Le pays est petit, mais il est surreprésenté sur nos ventes. Et cela croît assez vite » observe Sabrine Mouden. Avec un panier moyen à 600 euros, la Principauté dépasse largement la moyenne nationale française qui plafonne à 350 euros. Sa marque préférée : Chanel. « Le modèle de sac le plus vendu est le Timeless de Chanel, alors que les chaussures les plus achetées sont les Rockstead de Valentino » dévoile Sabrine Mouden. Couleur prédominante dans les achats : le noir.
20 000
Le plus gros achat a pourtant été conclu grâce à un Hermès Birkin à 31 700 euros en provenance du Royaume-Uni. C’est aussi à Monaco que l’on commande la plus grosse proportion de fourrure. On achète souvent via son smartphone, le taux de trafic mobile étant de l’ordre de 55 à 60 %, soit la tranche la plus élevée pour Vestiaire Collective. D’autre part, les clients sont majoritairement des clientes. « Monaco a le plus faible taux d’achat pour homme, avec 2 % des ventes qui leur sont consacrés. » L’étude de ses propres données se révèle donc judicieuse pour les dirigeants de site de dépôt-vente lancé en 2009. 20 000 nouveautés y sont mises en lignes chaque semaine ! « Cela va nous servir à mieux comprendre le profil de nos clients hors Paris. Car la proportion des ventes dans la capitale française masque les ventes à l’échelle locale. On comprend qu’à Monaco, les grandes marques du luxe sont sur place. On peut donc proposer des marques plus “touchy” que les Monégasques auront du mal à se procurer », estime Sabrine Mouden, experte du e-commerce passée par Zalando.
Investissement
L’entreprise vient aussi chercher sur le territoire monégasque des vendeuses. « Le site ne peut pas fonctionner si on n’a pas une bonne offre. » Beaucoup de ventes prestigieuses et surtout coûteuses se font par le biais de vendeurs monégasques en France et à l’étranger. Que ce soit des vendeuses-investisseuses, celles qui ont besoin de faire de la place ou encore les clientes VIP qui bénéficient du système de conciergerie du site. Du côté des acheteuses, on trouve celle qui se permet un premier accès au luxe, la fashionista qui a raté le produit qu’elle voulait ou encore la fan de vintage. Basée à Levallois-Perret, ce site enregistre 100 000 nouvelles inscriptions par mois. Ce qui lui a permis de brasser en 2015 78 millions de volume d’affaires. Avec l’appui d’une équipe de stylistes et d’acheteurs qui font le tri parmi les vêtements haut de gamme mis en vente par les internautes, Vestiaire collective est devenu le leader européen sur ce segment de l’occasion de luxe. Un marché qui a largement explosé et dont certains se servent comme valeur d’investissement. Selon un de ces concurrents américain, BagHunter, qui lui aussi a pondu son “étude”, l’achat d’un sac à main serait « l’investissement ultime ». Pour étayer ses propos, le site rappelle que le modèle très prisé Birkin chez Hermès s’est apprécié en moyenne depuis son lancement en 1980 de 14,2 % par an. Alors que le modèle 2.55 de Chanel est passé de 220 dollars à son lancement en 1955 à 4 900 dollars aujourd’hui… Faire les boutiques virtuelles se révélerait donc un placement parfois juteux !



