dimanche 25 septembre 2022
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Adeline Linsart : « Le NAC à la mode, c’est la poule »

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S’il est difficile d’établir le nombre exact des nouveaux animaux de compagnie à Monaco et en France, l’engouement autour de ces espèces ne se dément pas. Pour analyser ce phénomène, Monaco Hebdo donne la parole à Adeline Linsart, du centre hospitalier vétérinaire Saint-Martin, en Haute-Savoie, qui préside le Groupe d’études en nouveaux animaux de compagnie (GENAC).

Qu’entend-on exactement par « nouveaux animaux de compagnie » (NAC) ?

Un NAC est un animal de compagnie qui n’est ni un chien, ni un chat. Au départ, c’est ça. Pour distinguer les NAC, du zoo, de la faune sauvage, ou des nouveaux animaux de loisirs (NAL), on regarde la taille et la fréquence à laquelle on voit ces espèces. Dans les NAC, on met tous les animaux que l’on trouve couramment en animalerie ou en élevage, qui ne sont pas des chiens ou des chats, et qui sont généralement plus petits.

Et les NAL ?

Chez les NAL, on met plutôt la basse-cour de grande taille. Par exemple, les alpagas, les lamas, les chèvres naines, les cochons miniatures seront dans cette catégorie. Il y a des passionnés, qui ont des élevages qui permettent de préserver une espèce, parce qu’ils font de la reproduction. Et ils n’aiment pas trop être catalogués chez les NAC.

À quand remonte l’arrivée des NAC en France et à Monaco ?

Historiquement, le vétérinaire soigne les animaux de rentes. Puis, petit à petit, il s’est mis à soigner le chien de la ferme, parce qu’il était à côté des vaches et des chevaux pour lesquels il a été formé. Du coup, dans les années 1970 et 1980, il était de moins en moins confidentiel de soigner des chats. C’est à peu près dans cette période que sont apparus les premiers NAC. C’est Michel Bellangeon, un confrère de Lyon qui a employé ce terme de « nouveaux animaux de compagnie » lors d’un congrès, en 1984.

« Il existe des titres de spécialistes des NAC, alors que cette discipline n’existait pas auparavant. Dispensées en écoles de vétérinaires, des formations, assez anecdotiques encore aujourd’hui, sont proposées »

Comment a évolué le nombre de NAC en France et à Monaco sur les dix dernières années ?

Il n’existe pas de chiffre précis, car aucun recensement n’est effectué. Beaucoup d’animaux naissent et passent de mains en mains, sans que les autorités en soient informées. Nous, on se réfère à la fédération des Fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux (FACCO). Tous les deux ans environ, ils publient des statistiques en interrogeant les propriétaires d’animaux. On se rend compte avec certitude que les NAC augmentent parce qu’ils montent dans les statistiques de la FACCO, mais aussi parmi la clientèle individuelle. Au début des années 2000, la première structure exclusivement dédiée aux NAC a été montée. Aujourd’hui, en France, il y a entre 30 et 50 vétérinaires qui ne font que des NAC. De plus, il existe des titres de spécialistes des NAC, alors que cette discipline n’existait pas auparavant. Dispensées en écoles de vétérinaires, des formations, assez anecdotiques encore aujourd’hui, sont proposées. Alors que dans les années 2 000, aucune formation pour les NAC n’était proposée.

Poule NAC
« Avec l’avènement des réseaux sociaux et le fait que l’information est plus facilement disponible, les gens se rendent compte qu’il est possible de soigner une poule, au sens d’une poule de compagnie, et non pas dans le cadre d’un élevage. » Adeline Linsart. Vétérinaire et présidente du Groupe d’études en nouveaux animaux de compagnie (GENAC). © 2016 mar_chm1982 / Shutterstock. No use without permission.

Qu’est-ce qui a changé ?

Avant, les gens avaient une poule ou un lapin, mais ils étaient assez persuadés que ces animaux ne pouvaient pas être soignés. Du coup, ils n’entamaient pas de démarches. Mais avec l’avènement des réseaux sociaux et le fait que l’information est plus facilement disponible, les gens se rendent compte qu’il est possible de soigner une poule, au sens d’une poule de compagnie, et non pas dans le cadre d’un élevage.

Quels sont les NAC les plus répandus en nombre ?

Les NAC les plus répandus sont les lapins. Il y a environ 15 ans, le furet était en passe de devenir le troisième animal de compagnie. Mais il a été doublé par le lapin.

Quel est le NAC à la mode ?

Le NAC à la mode et qui monte depuis 5 à 10 ans, c’est la poule. Depuis la pandémie de Covid-19, on constate même une explosion. Les gens ont eu envie d’avoir une vie plus saine, de mieux contrôler ce qu’ils mangent, et d’être davantage tournés vers l’extérieur. La poule s’insère bien dans ce style de vie. Grâce à Internet, les gens se sont rendus compte que la poule n’est pas l’animal que l’on avait dans notre mémoire collective. La poule est hyper intelligente, et elle s’apprivoise très bien. Du coup, les gens s’attachent à leur poule, et ils font la démarche de l’emmener chez un vétérinaire NAC. Résultat, aujourd’hui on voit énormément de poules. On en soigne plusieurs par semaine.

« Les NAC les plus répandus sont les lapins. Il y a environ 15 ans, le furet était en passe de devenir le troisième animal de compagnie. Mais il a été doublé par le lapin »

Quels sont les NAC les plus rares ?

On voit plus rarement des petits hérissons africains. Dans les oiseaux, on a parfois des espèces très rares, méconnues du grand public. En animalerie, les gens ont pu voir des perroquets jaco, aussi appelés Gris du Gabon, des calopsittes, ou des cacatoès. Plus rare, on nous amène parfois des rats. Ou même des cacatoès noirs, mais là, c’est ultra-confidentiel. Il peut aussi y avoir des fauconniers, et d’autres espèces de rapaces très rares, comme des chouettes des neiges.

Quelles sont les réelles motivations des possesseurs de NAC ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les possesseurs de NAC agissent rarement pour la frime. On est loin des gens aux Etats-Unis qui publient des photos d’eux sur Instagram avec un bébé tigre ou une panthère. En France, il existe une règlementation forte et contraignante pour que ce genre d’idioties n’arrive pas [à ce sujet, lire l’interview du commandant Laurent Audat, du corps des sapeurs-pompiers de Monaco : « Tout animal blessé est systématiquement emmené chez un vétérinaire », publiée dans ce dossier spécial — NDLR]. Ces gens jouent un vrai rôle dans la préservation des espèces. Sans eux, on serait perdant au niveau de la faune sauvage.

Les foyers qui abritent des reptiles ou des araignées sont nombreux ?

Difficile à dire. Les araignées, c’est rarissime. Il y a très peu de vétérinaires qui les prennent en charge. Et puis, il y a une phobie culturelle qui fait que c’est un peu compliqué de les recevoir. De plus, elles sont souvent confrontées à des difficultés liées à l’environnement et à l’alimentation. Mais les éleveurs et les quelques vétérinaires passionnés, parviennent à traiter ces problèmes. Du coup, on en voit extrêmement peu en consultation. Chez les reptiles, il y a quelques années, nous avons eu une très grosse femelle varan, un énorme lézard noir, qui souffrait d’une grave infection. Nous avons dû procéder à une transfusion sanguine. Nous avons donc activé notre réseau, afin de trouver un donneur, le récupérer, le prélever, et administrer le sang à l’autre varan.

Quoi d’autre ?

Plus original, on voit des poissons qui ont des tumeurs cutanées, ou des troubles de la flottaison. Et parfois, cela concerne des carpes koï de collection qui valent plusieurs milliers d’euros, qui vivent très longtemps, et auxquelles les gens sont très attachés.

Quel est l’objectif du vétérinaire avec les NAC ?

L’objectif, c’est d’accompagner des gens qui ont, pour la plupart, fait la démarche d’avoir des NAC pour de bonnes raisons. En donnant à ces animaux de bonnes conditions de vie et une bonne alimentation, on peut prévenir des maladies, et leur offrir une vie longue. En fait, ils auront une meilleure espérance de vie en captivité qu’à l’état sauvage. C’est l’objectif. Même si ce n’est pas vrai pour toutes les espèces.

Ce n’est pas vrai pour quelles espèces ?

Ce n’est pas vrai pour les oiseaux. D’ailleurs, il n’est pas logique que des oiseaux soient vendus en animaleries, comme on vend un paquet de bonbons. Bien sûr, il y a des animaleries qui font de plus en plus attention et qui sensibilisent les gens. Il est aussi obligatoire de remplir des certificats, avec une semaine de droit de rétractation. Mais pour moi, la vente d’oiseaux devrait passer par des circuits vraiment professionnalisés, que ce soit au travers des animaleries ou des éleveurs, peu importe. Mais il faudrait un filtrage. Acheter un oiseau, ça ne peut pas être un achat coup de cœur.

« Depuis la pandémie de Covid-19, on constate même une explosion. Les gens ont eu envie d’avoir une vie plus saine, de mieux contrôler ce qu’ils mangent, et d’être davantage tournés vers l’extérieur. La poule s’insère bien dans ce style de vie »

Quels sont les NAC plus dangereux ?

Les NAC les plus dangereux sont les serpents venimeux. En France, quelques vétérinaires sont très compétents pour ces espèces là. Mais il faut rester prudent. Parce qu’on peut se mettre en danger, on met en danger le propriétaire, et les équipes.

On peut détenir un animal dangereux à quelles conditions ?

Tout dépend du nombre et de l’espèce considérée. Il y a d’abord les NAC domestiques. Si l’animal n’apparaît pas dans cette liste, c’est qu’il s’agit d’un NAC non domestique, que l’on appelle « NAC faune sauvage captive ». Ils passent alors dans un circuit de décision différent. En France, un arrêté d’octobre 2018, a remis au clair les conditions de détention et d’identification. Le but du législateur, c’était d’avoir une traçabilité sur ces espèces, parce que c’était vraiment ce qui nous manquait. Cela permet de détenir de façon officielle un animal connu de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), que l’on appelle plus couramment les services vétérinaires.

Comment ça marche ?

Le propriétaire fait une déclaration sur le site Internet de la préfecture, qui est transmise à la DDPP. Selon les départements, cette demande passe en pré-commission devant un jury d’experts du monde animal, composé notamment d’associations de protection des animaux, de spécialistes, et de vétérinaires NAC. Cette commission vérifie que les conditions de détention proposées à l’animal conviennent. Si c’est le cas, un certificat de capacité est délivré. Ce document correspond à un certain volume d’heures d’expérience, à une formation, et à des équipements adaptés à l’espèce en question.

Et si on a plusieurs NAC d’une même espèce ?

Quand un particulier possède plusieurs individus de certaines espèces, il faut alors une autorisation d’ouverture d’élevage. Cela peut concerner de l’élevage d’agrément ou de l’élevage destiné à la vente, ou un établissement destiné à être ouvert au public.

Sans ces autorisations, posséder un animal dangereux est un délit ?

Si on ne possède pas ces autorisations, on est passible d’une sanction (1).

Quel est le profil des propriétaires de NAC ?

Les propriétaires de lapins sont assez souvent des couples jeunes, et sans enfant. Ceux qui ont des furets sont assez régulièrement de gros passionnés, qui ont plusieurs furets. Chez les propriétaires de reptiles, il y a deux grandes catégories. Dans la première, on retrouve ceux qui ont réalisé un achat coup de cœur pour la découverte. Il s’agit donc plutôt d’un adolescent. Dans la deuxième catégorie, on trouve le grand passionné qui connaît la variété du reptile, la couleur, et l’espèce. Pour les propriétaires d’oiseaux, c’est un peu pareil. Il y a ceux qui ont acheté un oiseau sur un coup de cœur, sans se rendre compte que l’oiseau va vivre au minimum 20 ans, 50 ans, voire 80 ans. Et là, c’est un vrai problème. Car, pour que l’oiseau soit heureux et se développe convenablement, il faut apprendre à vivre en fonction de l’oiseau. Certains passionnés ont d’ailleurs des volières à l’extérieur de chez eux.

« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les possesseurs de NAC agissent rarement pour la frime. On est loin des gens aux Etats-Unis qui publient des photos d’eux sur Instagram avec un bébé tigre ou une panthère »

Quelles sont les espèces qu’il est interdit de posséder chez soi ?

Les interdictions concernent des espèces qui posent un problème en termes de dangerosité, soit en termes de caractère invasif. À l’international, cela est régulé par la convention de Washington, aussi appelée convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Les règlementations nationales sont nécessairement comparables au CITES, ou plus strictes. En France, par exemple, on a l’arrêté de Guyane qui est là pour protéger encore plus spécifiquement les espèces de Guyane. Parmi les espèces interdites, on trouve notamment les félidés, qui sont des animaux très dangereux. Pour les serpents et certains lézards venimeux, il faut avoir montré patte blanche. Les écureuils de Corée sont interdits, également.

Comment se procurer légalement un NAC ?

Il faut contacter des éleveurs qui ont pignon sur rue. Un site Internet, www.i-fap.fr, permet d’identifier les NAC. Il s’agit d’un site du gouvernement français, qui dépend du ministère de la transition écologique. On peut aussi se rendre sur les sites Internet des préfectures : les démarches à faire en fonction de chaque espèce sont détaillées. Comme pour n’importe quelle adoption, avant d’acheter un NAC, il faut bien se renseigner en amont du point de vue légal, mais aussi du point de vue du mode de vie de l’animal.

Quels sont les risques, sinon ?

Pour un perroquet, on conseille de prendre un couple. En effet, la littérature scientifique a démontré qu’élever deux oiseaux ensemble n’a pas du tout les mêmes conséquences sur l’équilibre psychologique et le bien-être de l’animal que si on en prend qu’un seul. Offrir à ce couple un accès à une volière extérieure, c’est mieux.

« Les chiens et les chats ont cinq à dix ans de retard sur la médecine humaine. Et les NAC ont cinq à dix ans de retard sur les chiens et les chats »

Que faut-il savoir d’autre sur les perroquets ?

Ensuite, il faut savoir qu’un perroquet, c’est un petit enfant de trois ans en termes de compétences émotionnelles, et c’est un enfant de six ans en termes de compétences intellectuelles. C’est donc très difficile.

À l’achat, combien coûtent les NAC les plus chers ?

Selon la rareté du spécimen et la volonté de sélection génétique qu’a eu l’éleveur, les prix peuvent être très élevés, de l’ordre de plusieurs milliers d’euros. Ceci sans compter tout l’équipement nécessaire.

Dans les frais, il faut aussi comptabiliser l’entretien du NAC, sa nourriture, et les frais de vétérinaire ?

Quand on a pour projet de prendre un NAC, il faut absolument prendre en compte les dépenses de nourriture, d’entretien, et les frais de vétérinaire. Contrairement au chat ou au chien qui ont un mode de vie assez proche du nôtre, et pour lesquels on trouve des croquettes à peu près équilibrées facilement, pour les NAC c’est plus compliqué. Pour les oiseaux, pour les reptiles, ou pour les lapins, ce qui est vendu de façon courante dans le commerce est inadapté, même s’il est indiqué « aliment complet pour lapin », par exemple.

Donner des graines de tournesol à son oiseau, c’est une bonne idée ?

Les graines de tournesol pour un oiseau, ce n’est pas une bonne friandise. L’oiseau ne doit surtout pas manger que ça. Mais un oiseau, c’est un enfant de trois ans. Il est capricieux. Il est têtu. Il décide donc qu’il veut manger des graines de tournesol. Et, assez vite, les gens cèdent, et lui en donnent, en se disant que dans la nature, l’oiseau en mange. Sauf que dans la nature, il n’est pas sûr que le perroquet Gris du Gabon croise beaucoup de tournesols en Afrique. Et même si c’était le cas, l’oiseau n’en trouvera pas toute l’année, car, à un moment donné, la graine de tournesol germe, et devient autre chose. Ces graines de tournesol finissent par rendre l’animal malade. En fait, le drame du NAC, c’est la prévention et l’information.

Quels budgets faut-il prévoir pour élever un NAC correctement ?

Pour un furet, il faut compter 200 euros de cage et d’équipements, et 20 euros de croquettes par mois. Par contre, il faut savoir qu’à partir de trois ou quatre ans, c’est une espèce qui a souvent des maladies très graves. Pour un petit lapin, il faut compter un budget vétérinaire d’environ 200 euros par an, hors maladies spécifiques, uniquement pour faire du préventif, des vaccins, et de la vermifugation. En ce qui concerne les oiseaux, la première consultation coûte environ 400 euros, car on procède à du dépistage de maladies infectieuses, qui sont transmissibles entre oiseaux, ou transmissibles à l’homme. Car les NAC sont d’excellents vecteurs de zoonoses, c’est-à-dire de maladies infectieuses transmises de l’animal à l’homme, ou inversement. Donc pour les oiseaux, on fait une radio, un bilan sanguin complet, des tests de maladies infectieuses… Ensuite, quand tout va bien, il faut compter une centaine d’euros par an.

Et pour un reptile ?

Pour un reptile, comptez 100 euros maximum la première année. Après, si tout va bien, en allant voir chaque année son vétérinaire NAC, il faut prévoir 70 euros par an pour une tortue, par exemple.

Et quand un NAC est malade ?

Souvent, chez les NAC, le métabolisme est plus rapide. Donc, on a peu de temps pour réfléchir et essayer des traitements. L’idéal, c’est de pouvoir diagnostiquer la maladie, ce qui suppose de gros budgets. Par exemple, pour un oiseau malade, c’est 600 à 800 euros minimum. Si on cherche à faire des économies, c’est au préjudice de l’animal, parce qu’on va alors perdre un temps qui est précieux. Voilà pourquoi, en prévision, je recommande de mettre 20 à 30 euros par mois de côté, ou de prendre une assurance animalière spéciale NAC. En cas de besoin, il faut pouvoir agir immédiatement.

Comment avoir un NAC en bonne santé ?

Le budget « prévention » des propriétaires doit être élevé. S’ils se démènent pour assurer au NAC de bonnes conditions d’habitation, en installant par exemple une volière extérieure, des lampes UVB, un système de chauffage ou de pulvérisation selon les espèces, couplé à une alimentation équilibrée, tout cela permet de résoudre 80 % des problèmes de santé de l’animal.

Depuis quand, et comment, sont formés les vétérinaires pour être capables de prendre en charge les NAC ?

Jusqu’en 2000-2010, il n’y avait pas de véritable formation complète en école, à proprement parler. Il y avait des cours et des formations ponctuelles selon les écoles, mais c’était très variable. Aujourd’hui, nous avons de vraies formations sur les NAC, dispensées par des vétérinaires spécialistes dans au moins deux écoles de vétérinaires. Il existe aussi deux formations reconnues qui permettent de démontrer que le vétérinaire possède des compétences en NAC. Le collège européen, le European college of zoological medicine (ECZM), propose quatre formations pour les petits mammifères, les oiseaux, les reptiles, et le zoo. De plus des confrères se forment pour obtenir un diplôme en France, après trois à cinq ans de formation, pour ne faire que du NAC. Enfin, une génération de vétérinaires NAC s’est formée sur le tas, en allant voir des confrères et en faisant des stages, notamment. Ceci est accompagné d’un diplôme généraliste et récent, qui est le diplôme d’école des nouveaux animaux de compagnie.

Malgré cela, il faut aussi que la médecine des NAC progresse encore ?

Oui. L’objectif de la médecine vétérinaire, c’est d’offrir la meilleure qualité de soins possible à ces patients, quelle que soit l’espèce. Il existe beaucoup de spécialités dans le monde vétérinaire, ce qui est très important, car ça nous pousse à être toujours meilleurs. On constate une demande croissante, en termes de volume et de qualité de soins proposés aux animaux. Les propriétaires sont de plus en plus disposés à payer pour cela. Il y a donc un énorme besoin pour faire progresser la médecine des NAC, mais il y a le même besoin pour les chiens et pour les chats. On peut dire que les chiens et les chats ont cinq à dix ans de retard sur la médecine humaine. Et les NAC ont cinq à dix ans de retard sur les chiens et les chats.

De plus en plus de particuliers proposent des tutoriels sur Internet en général, et sur YouTube en particulier, consacrés aux NAC : on peut avoir confiance ?

Sur Internet, certaines choses sont très bien et cela a fait bouger dans le bon sens le monde des NAC. Mais il y a aussi des choses vraiment terribles. Le problème, c’est que le grand public n’est pas capable de faire la différence. Chez les reptiles, on trouve des forums de passionnés et des chaînes YouTube, qui donnent majoritairement de bonnes informations. Par contre, sur la poule, qui est très à la mode, on trouve des tutoriels qui expliquent, par exemple, comment réduire un prolapsus [descente d’un organe ou d’une partie d’un organe — NDLR] sans avoir vu un vétérinaire. Je considère qu’il s’agit là de maltraitance animale. Je n’ai pas de prérogatives de vétérinaire. Je travaille avec de très bons éleveurs, qui m’apprennent énormément de choses. On tisse une relation d’équipe. C’est un échange qui se construit autour de l’animal, et qui fait qu’il guérit. Donc il faut rester prudent avec ce que l’on trouve sur Internet.

1) En France, il s’agit d’un délit pour lequel on risque un an de prison et 15 000 euros d’amende.

NAC et Internet  : où se connecter ?

Pour les perroquets :

Pour comprendre la psychologie des perroquets

Comment nouer une relation avec un perroquet

Pour les lapins :

Marguerite et Compagnie 

La dure vie du lapin urbain

Pour les rongeurs :

Rongeurs

Passion Cobaye

Octodons.fr

Pour les reptiles :

Informations de base, découverte : ferme tropicale

Pour les poules : Pas de site Internet de référence à ce jour.

Trouver des informations fiables ou des vétérinaires habitués à ces espèces :
https://aemv.orghttps://www.aav.orghttps://arav.site-ym.com.

Pour lire la suite de notre dossier « Bien-être animal : la patte monégasque », cliquez ici.

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