La nouvelle organisation syndicale en passe d’être créée à Monaco, se défend de vouloir couler l’Union des syndicats. Et se revendique comme une « fédération complémentaire et non opposante. »
C’est une petite révolution qui agite actuellement le syndicalisme monégasque. Une nouvelle fédération est en passe de voir le jour. Aux manettes de l’opération : deux syndicats de la SBM qui ont déposé un projet de statuts à la direction du travail, le 12 octobre dernier (1). Une annonce qui a forcément fait sortir de ses gonds le syndicat historique. La présidente de l’USM Betty Tambuscio parlant même d’une « opération malveillante et sournoise » destinée à les détruire et à diviser les salariés (2).
Tout autre son de cloche évidemment chez les responsables de cette nouvelle fédération pour qui l’objectif n’est pas de mettre à bas l’USM. « Le but n’est pas de les envoyer au fond de l’eau. Ni de faire une critique en règle. Nous sommes au contraire très reconnaissants de tout ce qu’a réalisé cette organisation. Ils se sont battus sur des causes très importantes, comme la CSG, la CRDS, le remboursement des médicaments etc., explique l’un des responsables qui souhaite rester anonyme jusqu’à l’officialisation. Mais aujourd’hui, de nombreux salariés ne se reconnaissent plus dans la démarche de l’USM. C’est également notre cas. D’ailleurs, il y avait grosso modo 30 000 salariés à Monaco en 2000. Il y en a 52 000 aujourd’hui. Or, le nombre d’adhérents à l’USM est resté sensiblement le même. Autour de 2 500. Comment l’expliquer ? »
« Syndicalisme de discussion »
Ce qui cloche selon eux dans les méthodes de l’USM ? Une tendance trop poussée à faire appel à la grève et aux manifestations ? « Descendre dans la rue, est certes, l’un des outils que nous avons à notre disposition. Mais nous sommes contre le fait de le brandir et de crier au loup sur tous les sujets. Pour nous, ce sont des recours ultimes. Nous prônons davantage un syndicalisme de discussion. Avant d’en arriver là, il y a selon nous, en amont, des analyses de dossier, des prises de position, des discussions, des échanges. Obtenir des accords qui n’avantagent ni la fédération patronale à 100 %, ni les salariés à 100 %. »
« Mensonge »
Pas question non plus, selon eux, d’aller piquer des responsables syndicaux déjà affiliés à l’USM : « On n’ira certainement pas voir les syndicats de l’USM pour leur dire : Désaffiliez-vous et venez chez nous ! Si nos statuts sont acceptés, nous allons contacter par voie de presse, et via nos réseaux, les différents syndicats, non-affiliés à l’USM, pour leur présenter nos objectifs, nos statuts et nos ambitions. On a d’ailleurs lu dans la presse qu’on aurait téléphoné anonymement à des responsables syndicaux de l’USM pour les débaucher… C’est évidemment totalement faux ! C’est purement du mensonge ! On a lu également qu’ils ne savent pas qui l’on est, et que l’on avance cachés. Or, ils savent parfaitement qui il y a en face d’eux et les raisons pour lesquelles on en est arrivés à cette situation… » Celui qui souhaite faire de cette fédération « une organisation pas opposante mais complémentaire à l’USM » prône également les vertus du pluralisme syndical qui permettra selon lui de mettre sur table des « idées complémentaires, représentant tous les salariés. » Quant au nombre d’adhérents : « L’USM a mis 70 ans pour avoir 2 500 adhérents. Si dans 5 ans, nous arrivons à en attirer 1500, on considérera que c’est une réussite… »



