lundi 16 février 2026
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Sophie Vincent : « L’alternance, un tremplin pour l’emploi »

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Monaco a organisé son troisième forum de la formation en alternance. Sophie Vincent, chef du service de l’emploi, revient sur les avantages de l’apprentissage, hélas souvent déconsidéré.

Propos recueillis par Romain Massa.

A l’auditorium Rainier III, ils étaient 450 jeunes à avoir fait le déplacement. Le dernier forum de la formation en alternance, organisé le 19 février, montre un regain d’intérêt pour l’apprentissage. Et pour cause : « Le taux de placement immédiat est d’un jeune sur 2, soit 50 % directement après leur apprentissage », annonce Sophie Vincent, chef du service de l’emploi. En 2013, 122 nouveaux contrats d’apprentissage (l’on compte à peine 9 monégasques apprentis) ont été signés en principauté. Pour les jeunes il y a un double avantage : « Je cherche à reprendre mes études via un BTS comptabilité en alternance. Cette formation me permet de gagner de l’argent tout en obtenant de l’expérience », raconte ainsi Sonia, 24 ans. Julien, 22 ans, a lui été attiré par le DEES Banque option place bancaire monégasque : « Faire une alternance dans les plus grandes banques et être considéré comme un employé à part entière — certes en formation — est une réelle satisfaction. » Cette formation spécifique à Monaco lancée depuis 2007 a permis de placer près de 80 % des jeunes diplômés.

Monaco Hebdo : La formation en alternance, c’est quoi ?
S.V : Elle permet aux jeunes de poursuivre leurs études tout en étant formés par une entreprise. Les études poursuivies dans ce cadre permettent de valider les mêmes diplômes que les formations classiques. Le jeune apprend en entreprise le métier auquel il se destine tout en étant confronté aux exigences du monde professionnel. Il poursuit parallèlement ses études au centre de formation où il acquiert des connaissances générales et spécifiques à son secteur d’activité, tout en préparant son diplôme. Ce système leur permet de percevoir une rémunération et de voir leur scolarité financée à 100 %.

M.H. : Quel avantage pour les entreprises ?
S.V. : Cela permet à l’entreprise de former un jeune en lui permettant d’acquérir des compétences professionnelles et de le recruter ensuite. A Monaco, le gouvernement apporte une aide à ces entreprises qui favorisent cette formation. L’alternance apparaît en effet aujourd’hui comme un outil de pré-recrutement pour l’entreprise. Il permet de fidéliser l’étudiant à l’entreprise, et celle-ci n’a pas à revenir sur l’apprentissage théorique. L’école s’en charge.

M.H. : L’alternance ça fonctionne ?
S.V : Oui. L’an passé, l’alternance a permis à 80 % des étudiants de trouver un emploi pérenne. Principalement dans les métiers du tertiaire (80 %). Je reste convaincue que pour les jeunes, il n’y a que des avantages à intégrer ce type de dispositif qui est aujourd’hui un tremplin pour l’emploi.

Une formation malaimée ?

En Allemagne, le taux de chômage des 15-25 ans est de 5,5 %, en France ce chiffre est porté à 24 %. L’une des principales causes de ce différentiel réside dans le fossé entre les jeunes formés en alternance dans les deux pays.
En Allemagne, on en compte 1 500 000 contre 600 000 en France. Dans l’Hexagone, la formation professionnelle est d’abord perçue comme un échec, dans un pays où le culte du diplôme est roi. Pour comparaison, en Allemagne après l’école primaire, un système assez sélectif oriente les élèves allemands vers deux possibilités : passer le bac et étudier à l’université ou suivre une scolarité plus manuelle et appliquée.

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