Dans la soirée du 15 mai 2025, les élus du Conseil national ont voté une proposition de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Ce texte vient notamment dépénaliser cette pratique pour les médecins à Monaco.
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Le texte donne la possibilité aux femmes d’avorter sans motif médical jusqu’à douze semaines de grossesse. Quant au délai d’avortement, il est porté à 16 semaines en cas de grossesse issue d’un viol, au lieu de 12. Enfin, cette réforme crée un délai de réflexion de trois jours entre la demande d’avortement et l’intervention. La réaction du diocèse n’a pas tardé. Dans une lettre pastorale publiée le 18 mai 2025 entièrement consacrée à ce sujet sensible en principauté, l’archevêque de Monaco, Mgr Dominique-Marie David évoque un sujet « grave », et développe son argumentaire en quatorze points. « En principauté, nous sommes fiers de défendre nos spécificités. Parmi elles, se trouve la confessionnalité de l’État. La religion d’État ne peut être réduite à une simple tradition : elle structure le droit monégasque lui-même ; elle est indissociable de notre identité nationale », estime Mgr Dominique-Marie David.
Ce sujet « peut nuire au maintien de notre cohésion nationale, à la fois précieuse et fragile. Il ne devrait pas être traité sans permettre une juste compréhension des enjeux, qui vont bien au-delà de ce qui apparaît de prime abord. Comme l’a souvent illustré le saint pape Jean-Paul II (1920-2005), les normes morales ne se définissent pas au suffrage universel », glisse l’archevêque. Avant d’ajouter : « La biologie et la génétique expliquent désormais scientifiquement que la vie humaine commence dès la conception. L’embryon n’est pas un simple amas de cellules, ni une cellule du corps de la mère qui serait un prolongement de son propre corps ; il est une entité distincte. Ce nouvel être vivant appartient pleinement à l’espèce humaine : organisme unique, porteur d’un patrimoine génétique propre, qui n’est ni celui du père, ni celui de la mère, il n’est ni un animal, ni un végétal, ni une chose. La mère ne porte pas le néant ou la mort, mais déjà la vie humaine. »



