jeudi 6 octobre 2022
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No Finish Line Monaco :
« Nous étions en train de fermer le circuit quand l’incident s’est produit »

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Ce devait être une fête… Alors que la No Finish Line célébrait cette année ses 20 ans,

cette course caritative s’est achevée prématurément samedi 23 novembre 2019 aux alentours de 17h, en raison des intempéries qui sévissaient dans la région. Peu auparavant, une participante a lourdement chuté après avoir été soulevée par une vague et projetée par-dessus la rambarde de la digue. Un accident grave qui pose la question du maintien de la course samedi dernier alors que des mesures avaient été prises dès le vendredi soir. Ariane Favaloro, présidente de la No Finish Line, livre à Monaco Hebdo sa version des faits. Interview.

Que s’est-il passé vendredi 22 novembre 2019, au soir ?

La police maritime nous a donné les prévisions météo. Par sécurité, nous avons décidé de fermer d’autant plus que la nuit, si on doit intervenir, c’est plus difficile. Parce qu’au niveau visibilité, c’est plus compliqué. On a donc décidé de fermer pour raisons de sécurité. De nous-mêmes, on ne nous a pas forcé à le faire.

Le gouvernement n’est pas intervenu à ce moment-là ?

La police maritime nous a préconisé de fermer, mais on ne nous a pas interdit de le faire. Nous, de nous-mêmes, nous l’avons fait.

Et la course a repris le samedi 23 novembre, au matin ?

Nous avons lancé le départ du 24 heures sur le petit circuit, parce qu’on attendait des nouvelles au niveau météo pour voir si on pouvait rouvrir ou pas. Le 24 heures est parti avec une heure de retard, parce que nous étions justement en train de voir ce qu’on faisait. Et on a laissé ouvert le petit circuit.

Ensuite, l’intégralité du circuit a été rouvert ?

Il a été rouvert parce que la course des 24 heures concentre à peu près 300 personnes. On a pesé le pour et le contre pour la sécurité des gens. Car 300 personnes qui tournent autour du petit circuit, ça devenait aussi dangereux. Et après, en concertation avec le gouvernement princier et les services du gouvernement princier, et en s’étant rendu sur place voir les conditions météo, on a décidé de rouvrir, à la condition qu’il y ait quelqu’un de chez nous qui soit au bout de la digue pour vérifier ce qui se passe. Sur le moment, la mer n’était pas démontée, et tout se passait normalement.

Le circuit a donc été rouvert le samedi 23 novembre, vers 11h30 ?

Oui, à peu près. Entre 11h30 et 12h. Je ne peux plus vous dire l’heure exacte.

Vous aviez sécurisé la course dès vendredi soir pour des raisons de sécurité, mais le samedi matin, les conditions météo ne s’étaient pas vraiment améliorées : alors pourquoi avoir décidé de rouvrir le circuit ?

Je vous dis que les conditions météo n’étaient pas si mauvaises. On est allé sur place, des gens du gouvernement étaient avec nous. Donc, en concertation, on a décidé de rouvrir pour aussi éviter que tous les coureurs du 24 heures soient sur un petit circuit qui, pour nous, était tout aussi dangereux.

Pourquoi avoir attendu 17h pour complètement neutraliser la course ?

Les conditions le matin n’étaient pas si dramatiques que ça par rapport à l’après-midi.

C’est votre point de vue à vous seule ?

Non, ce n’est pas mon point de vue. Des services du gouvernement étaient avec nous aussi. Donc, à un moment donné, on a pris les décisions ensemble.

À quel moment a eu lieu l’accident ?

L’accident a eu lieu samedi 23 novembre, entre 14h20 et 14h30.

L’arrêt de la course définitif, lui, a été décidé à 17h ?

À peu près 17h. Mais je vous rappelle quand même que nous étions en train de fermer le circuit quand l’incident s’est produit. On n’a pas attendu que les autorités viennent nous dire de fermer. Je le dis, car cela est important. On dit ce que l’on a envie de dire, mais la vérité est là. Nous étions en train de fermer le circuit de nous-mêmes. On ne nous a pas imposé de le faire à ce moment-là.

Le gouvernement ne vous a donc pas demandé d’arrêter la course après cet incident ?

Non.

C’est vous qui avez pris la décision de fermer la digue ?

Oui. Après, la décision d’arrêter la course a été prise avec le gouvernement. Il y avait l’alerte rouge vers 16h qui a été déclenchée en France avec le plan ORSEC. Et à partir de ce moment-là, on a effectivement jugé que les conditions allaient encore devenir plus dramatiques. Donc on a décidé d’arrêter d’un commun accord.

Avez-vous des nouvelles de la personne qui a chuté ?

Nous avons régulièrement des nouvelles. On est en lien avec son compagnon. Elle a été opérée, elle va mieux. Elle va maintenant avoir une convalescence qui va être assez longue. Mais elle est hors de danger.

Cette personne et son entourage ont-ils prévu de donner une suite judiciaire ?

Pour l’instant, on prend des nouvelles, ce qui est la moindre des choses. On espère pouvoir aller la voir rapidement. Ce qu’elle fera ? Cela lui appartient. On ne sait pas.

Le gouvernement a déclaré à nos confrères de Monaco-Matin réfléchir à délocaliser la prochaine édition : c’est vraiment une piste qui est envisagée ?

Franchement, pour l’instant, on est plus à s’occuper de la dame et ce qui s’est vraiment passé, que penser à l’an prochain. Nous sommes tous choqués, et, dans notre tête, on n’est pas sur la prochaine No Finish Line. Le gouvernement a effectivement annoncé ça. De toute façon, c’est clair qu’il faudra sûrement augmenter la sécurité, c’est une évidence. Mais pour l’instant, notre priorité, c’est la santé de cette dame. Ensuite, on pourra voir de notre côté ce qui peut être amélioré, mais on n’est pas en train de travailler sur la prochaine édition. Nous n’avons pas du tout la tête à ça, nous nous sentons responsables de ce qui s’est passé, quoi qu’on puisse lire. Il y aura plus tard des discussions sur les modifications de circuit, sur de la sécurité supplémentaire… Mais ce qui s’est produit n’aurait jamais dû se produire, on est bien d’accord.

 No Finish Line : solidaires, malgré tout

Malgré des conditions météorologiques difficiles et un arrêt de la course prématuré samedi en milieu d’après-midi au lieu de dimanche, la 20ème édition de la No Finish Line a permis de récolter 351 151 euros. Cette somme permettra de financer une vingtaine de projets en faveur d’enfants malades ou défavorisés. Au total, 11 624 coureurs ou marcheurs ont participé à cette édition, pour 14 736 inscrits. Enfin, 292 626 kilomètres ont été parcourus, alors que l’objectif était fixé à 450 000 kilomètres. Pour pallier au manque de kilomètres parcourus qui s’explique par des conditions météo défavorables pendant toute la durée de cette course, l’association Children & Future a décidé de verser 1,20 euro par kilomètre parcouru au lieu de 1 euro par kilomètre.

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Monaco Hebdo