Lundi 3 avril, 440 personnes ont été mobilisées pour simuler un attentat à l’Auditorium Rainier III afin de tester la capacité de réaction des secours.
C’est un scénario catastrophe. Un scénario comme l’a vécu le Bataclan transposé au sein de l’Auditorium Rainier III. Quatre assaillants pénètrent dans la salle où s’est rassemblée une foule pour assister à un concert. Ils tirent sur les spectateurs et prennent plusieurs personnes en otage. Au bout de la nuit, le bilan est lourd : 81 blessés, 10 personnes en urgence absolue et 10 morts. Fort heureusement, il ne s’agit que d’un test. Rien de tout ceci n’a eu lieu mais lundi 3 avril, l’ensemble des services de sécurité et de secours de la Principauté associés à leurs homologues français, ont simulé la survenue d’un attentat à Monaco afin de tester leur réactivité.

Collaboration avec la France
« Les services savaient qu’un exercice allait avoir lieu mais ils ne savaient pas quand« , a précisé Patrick Cellario, ministre de l’Intérieur. Ainsi, du côté des sapeurs-pompiers notamment, les effectifs classiques étaient en poste, lundi 3 avril au soir, soit une quarantaine de personnes, auxquels se sont ajoutés, une fois l’alerte donné à 19h, une cinquantaine de soldats du feu monégasques et une trentaine d’autres venus des Alpes-Maritimes. Le Samu 06, 45 bénévoles de la Croix rouge mais aussi le SMUR et les étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers étaient présents pour simuler les spectateurs et les victimes. Côté police, le terrain a été vite quadrillé par les policiers de la sûreté publique renforcés par l’Unité Spécialisée d’Intervention et de Voie Publique (USIVP), les carabiniers, associés aux services français du RAID, puis, plus tard dans la soirée, ce sont les services judiciaires dont la police scientifique qui ont pris le relais.

Tester la réactivité
« L’objectif était de tester la procédure imaginée et de voir comment les services et les personnels réagissent, a insisté Patrick Cellario. Il fallait aussi tester la collaboration avec les services français car les procédures ont beaucoup changé depuis deux-trois ans. Avant, lorsque les primo-intervenants se positionnaient sur le terrain, ils devaient attendre l’arrivée des autres services. Aujourd’hui, ils doivent intervenir sans attendre. »
Le plan d’action en trois phases voit d’abord intervenir la police pour neutraliser les agresseurs, puis les secours dont le travail est sécurisé par zone et par les policiers pour porter secours aux victimes et enfin l’intervention de la police judiciaire.

Pas de menace sur Monaco
Un test qui n’a « globalement pas montré de défaillances » des services, a commenté Patrick Cellario, même si quelques « ajustement notamment sur la procédure » sont à prévoir. Si le contexte international rend nécessaire ce genre d’exercice, le ministre de l’Intérieur se veut rassurant : « Je pense qu’il n’y a pas de menace sur la Principauté. Il n’y a aucun signe, aucune information qui permettent de le penser« . Mais selon lui, « il serait criminel de ne pas prendre en compte cette possibilité« .



