Après six ans de travaux, le Jardin exotique de Monaco rouvre enfin ses portes. Fermé en 2020 pour des impératifs de sécurité, le site a finalement fait l’objet d’une rénovation bien plus large que prévu, mêlant remise aux normes, nouveaux aménagements et nouvelles propositions. Par Mélicia Poitiers
Le Jardin exotique de Monaco a rouvert ses portes au public le 30 mars 2026, après une ouverture en avant-première, la veille, dédiée aux résidents et Monégasques. Un moment très attendu pour ce site emblématique, incontournable des visites scolaires, auquel il existe un attachement collectif. « C’est un endroit que tout le monde connaît et avec lequel nous avons tous grandi », a ainsi rappelé le maire Georges Marsan, lors de son discours devant la presse. Après six longues années de travaux, « ce n’est pas le jour et la nuit, mais c’est un bon coup de botox », a de son côté résumé avec justesse la directrice des lieux, Diane Ortolani.
La Jardin exotique était fermé depuis 2020, au départ pour des raisons de sécurité, car des rochers menaçaient de se détacher. Rien ne laissait présager un chantier d’une telle ampleur. Très vite, les équipes ont réalisé que le problème est plus conséquent. Accroché à flanc de falaise, le site présente de nombreuses fragilités liées à son vieillissement
Un chantier né d’une urgence structurelle
Acquis en 1913 et inauguré en 1933 sous le règne du prince Louis II, ce balcon végétal suspendu à flanc de falaise au-dessus de la Méditerranée s’étend sur 14 000 m² et abrite près de 20 000 plantes, représentant environ 3 000 espèces, dont 85 % sont protégées par la convention de Washington (1). Il était fermé depuis 2020, au départ pour des raisons de sécurité, car des rochers menaçaient de se détacher. Rien ne laissait présager un chantier d’une telle ampleur. Très vite, les équipes ont réalisé que le problème était plus conséquent. Accroché à flanc de falaise, le site présente de nombreuses fragilités liées à son vieillissement.
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Au fil des travaux, d’autres dégradations apparaissent, nécessitant des interventions supplémentaires. Ce qui devait être une opération de sécurisation se transforme alors en réhabilitation globale. Quasiment tous les faux rochers sont démontés, puis reconstruits. Certains sont reproduits selon les techniques d’origine, d’autres remplacés par des structures en résine, plus légères et résistantes. Les passerelles, les garde-corps, les sols et l’éclairage sont intégralement renouvelés, tout comme les réseaux d’eau et d’électricité. Des caméras et des bornes WiFi sont ajoutées sur l’ensemble du site.
L’autre nouveauté réside dans l’ambition culturelle du site. Concerts et soirées thématiques, notamment autour des feux d’artifice ou d’Halloween, sont appelés à se développer


Finalement une modernisation complète du site
Et puis, au-delà de la remise à niveau technique, la municipalité souhaite finalement profiter de ces travaux pour repenser l’expérience des visiteurs et répondre à leurs nouvelles attentes. « La volonté du Conseil Communal était de dynamiser et de moderniser le Jardin […], sans pour autant lui ôter son identité », a insisté Georges Marsan. Concrètement, cela se traduit par la création de nouveaux espaces : une aire de jeux pour enfants, un espace avec des tables de pique-nique permettant aux visiteurs de déjeuner sur place leur propre casse-croûte, une salle d’anniversaire privatisable d’une capacité d’une trentaine d’enfants, une nouvelle billetterie et un snack-bar sous pergola, avec une vue imprenable sur Monaco. Ces aménagements ont pour objectif de faire du Jardin exotique un lieu de vie, et non plus seulement un site de visite. Une attention particulière a été portée aux familles, avec une volonté d’ancrer davantage ce jardin dans le quotidien des Monégasques, pour qui il est d’ailleurs totalement gratuit. C’est aussi pour cette raison que l’autre nouveauté réside dans l’ambition culturelle du site. Concerts et soirées thématiques, notamment autour des feux d’artifice ou d’Halloween, sont appelés à se développer. Une visite virtuelle immersive en 3D est également en préparation, tout comme de nombreux ateliers pédagogiques : jardinage, compositions florales, jeux éducatifs ou chasses aux plantes. Notons par ailleurs que ce site est privatisable pour des événements comme des mariages.
Combien a finalement coûté ce chantier titanesque, qui aura duré six ans ? Dix-sept millions d’euros, conjointement financés par la mairie et le gouvernement princier


12 euros pour les adultes, gratuit pour les Monégasques
Plusieurs formules tarifaires ont été mises en place. L’entrée au Jardin exotique seul est fixée à 12 euros pour les adultes, 6 euros pour les mineurs et les étudiants, 9 euros pour les seniors, et elle est gratuite pour les enfants de moins de 4 ans, ainsi que pour les Monégasques. L’accès est également gratuit pour les personnes à mobilité réduite, même si celles-ci ne peuvent pas descendre dans certaines parties du jardin. « Au niveau sécurité c’est trop compliqué, car les pentes sont très rudes et les passages trop étroits », a expliqué la directrice, Diane Ortolani. D’autres offres combinées permettent d’enrichir la visite, avec un accès couplé au jardin, à la grotte de l’Observatoire ou au centre botanique — voire aux trois — pour un tarif qui peut atteindre 18 euros pour les adultes. Par ailleurs, la mairie compte sur l’amélioration des accès qui s’est opérée en parallèle, avec la création du parking des Salines, pour faire venir de nombreux visiteurs, en voiture, en bus ou en car de groupes.
Parmi les nouveaux espaces : une aire de jeux pour enfants, un espace avec des tables de pique-nique permettant aux visiteurs de déjeuner sur place leur propre casse-croûte, une salle d’anniversaire privatisable d’une capacité d’une trentaine d’enfants, une nouvelle billetterie et un snack-bar sous pergola, avec une vue imprenable sur Monaco
Un défi technique et botanique
Pendant six ans, les travaux ont été réalisés dans des conditions complexes, voire périlleuses, en raison de la configuration du terrain et de la présence d’un patrimoine végétal exceptionnel : des plantes parfois centenaires, fragiles, et pour certaines uniques. Impossible donc de mener les travaux comme sur un chantier classique. Diane Ortolani, qui a suivi l’ensemble des opérations, a dû imposer des contraintes strictes. « J’ai un peu bataillé avec les ouvriers, confie-t-elle. Dans le secteur du bâtiment, une plante est une plante… Il y a des endroits où ils comptaient intervenir avec des engins mécaniques… Cela a finalement été réalisé à main d’homme, même si cela a pris plus de temps, car nous ne pouvions pas risquer d’abîmer des racines ». Combien a finalement coûté ce chantier titanesque, qui aura duré six ans ? Dix-sept millions d’euros, conjointement financés par la mairie et le gouvernement princier. 1) La « Convention de Washington », officiellement appelée Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), est un accord international signé en 1973 à Washington D.C. Elle encadre le commerce international des espèces animales et végétales sauvages, afin de préserver leur survie.



