vendredi 2 décembre 2022
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La vaccination contre le Covid-19, priorité du CHPG

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Débutée le 12 janvier 2021, la campagne de vaccination contre le Covid-19 à l’hôpital et en EHPAD est positive aux yeux de la directrice du CHPG, Benoîte de Sevelinges.

Il s’agit, selon elle, d’une priorité pour retrouver un semblant de vie normale.

Le premier bilan de la campagne de vaccination à l’hôpital fait état d’un gros contingent de volontaires. Sur plus de 2 200 permanents, près de 940 se sont en effet signalés comme tels. « Aujourd’hui, la moitié a déjà été vaccinée. Et plus de la moitié de nos médecins ont aussi demandé à être vaccinés. On va donc avoir des taux vaccinaux très importants », assure Benoîte de Sevelinges.

Deux tiers du personnel volontaires 

Seul moyen aujourd’hui à disposition pour faire face au virus, la vaccination figure parmi les priorités du CHPG. « L’intérêt est collectif. Si les soignants sont malades, il n’y aura personne pour soigner les malades. Ensuite, on doit permettre aux agents qui le souhaitent de se protéger. Si vous n’autorisez pas la vaccination aux soignants, certains ne voudront peut-être plus prendre de risque », prévient la directrice. Reste que face à un approvisionnement limité à 24 doses par jour, l’hôpital doit pour l’instant établir des populations prioritaires à savoir les personnes à risque. « Les personnes de plus de 50 ans, ceux qui présentent des comorbidités, ceux qui travaillent dans les unités Covid et ceux qui travaillent sur les secteurs exposés (filière gérontologique, maternité, oncologie…) ».

15 % de refus en EHPAD

Du côté des établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) aussi, le taux d’acceptation est plutôt bon, puisqu’environ 75 % des résidents ont accepté la vaccination. Mais 15 % la refusent catégoriquement. Les raisons évoquées portent sur la peur des effets secondaires ou carrément des thèses « complotistes ». Même si la directrice respecte la liberté individuelle, elle fait valoir un geste altruiste pour enrayer la pandémie car pense-t-elle, « si on est vacciné, on diminue sa charge virale et donc la possibilité de contaminer les autres ». Pour les 10 % restants, l’hôpital demeure en attente des signatures liées au statut juridique spécifique de certains résidents.

Une baisse de la vigilance ?

Faut-il pour autant rendre obligatoire la vaccination pour tous ? « Je suis pour les libertés individuelles donc je ne pense pas que l’obligation vaccinale soit quelque chose de positif », répond la directrice qui privilégie la pédagogie. Et pour les soignants ? « Il me semble difficile d’obliger une partie de la population à se vacciner quand on sait en plus que c’est celle qui s’est le plus sacrifiée dans cette crise ». La directrice entend malgré tout les inquiétudes : « Ce sont les mêmes que dans la population générale. Ils se disent qu’ils n’ont pas de risque de développer une maladie grave, ils s’interrogent sur les effets secondaires des vaccins… Le fait que plus de 50 % des médecins se vaccinent est tout de même un élément très important car cela veut dire que ceux qui connaissent le mieux le sujet ont confiance ». Mais la vaccination ne doit pas non plus faire oublier les gestes barrières. C’est le message que la directrice veut aussi faire passer : « Depuis que les vaccins, les tests antigéniques et PCR sont disponibles, je constate une baisse de vigilance. Ce vaccin a vocation à éviter le développement d’une forme grave de la maladie. Aujourd’hui, personne ne sait si ce vaccin empêche la transmission de la maladie, ni d’être porteur de la maladie ». Par conséquent, la prudence doit rester de rigueur.

« Aucune visibilité » sur les approvisionnements

On l’aura compris, la vaccination représente un enjeu majeur pour le CHPG. Cependant, Benoîte de Sevelinges le sait, il faudra du temps avant de parvenir à vacciner tous les volontaires. « Tout le monde voudrait plus de vaccins pour vacciner plus vite, mais il n’y a pas d’urgence absolue ». De toute façon, le destin de l’hôpital ne dépend pas que de lui, mais plutôt des approvisionnements : « Nous n’avons aucun échéancier, car nous n’avons pas d’information, ni aucune visibilité. Pasteur vient d’arrêter son vaccin, Moderna a annoncé des livraisons moins rapides… C’est complexe. Même au niveau des dirigeants des États, la visibilité est limitée. Si on arrive au moins à vacciner les personnes à risque à l’arrivée du printemps, peut-être qu’on va réussir à passer un été 2021 un peu plus sympathique que cet hiver ».

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Monaco Hebdo