mercredi 10 août 2022
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Vaccination anti-HPV : faire taire les rumeurs

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La vaccination contre le Papillomavirus humain (HPV) destinée à prévenir le cancer du col de l’utérus a débuté en avril 2011 en principauté. Pour taire définitivement les rumeurs sur sa prétendue dangerosité et exhorter les jeunes filles à sauter le pas, les autorités sanitaires ont décidé de renforcer la sensibilisation dans les établissements scolaires et l’information auprès du grand public.

Les spécialistes et les autorités monégasques ne cessent de marteler le message. Non, la vaccination contre le Papillomavirus humain (HPV) — destinée à prévenir le cancer du col de l’utérus — n’est pas dangereuse. Et si tous s’époumonent à redorer le blason des deux vaccins concernés — le Cervarix et le Gardasil —, c’est que ces produits ont été jetés en pâture et contestés, non seulement dans les médias mais aussi dans certaines revues scientifiques médicales. Or, les experts à Monaco sont formels. Toutes les rumeurs autour de sa dangerosité sont fausses, études de la Haute autorité de santé française à l’appui. Et pratiquer cette vaccination est une absolue nécessité. « Il faut mettre les choses au clair une bonne fois pour toute. La vaccination anti-HPV ne présente aucun risque pour la santé. Les vaccins sont contrôlés par les autorités nationales et supranationales », explique Franco Borruto, gynécologue à Monaco et spécialiste de ces questions, reconnu au plan mondial (1). Un message qui, manifestement, a toujours un peu de mal à passer. Y compris à Monaco. « Ce vaccin est absolument efficace et d’une innocuité absolue, continue le Docteur Rouison, conseiller médical auprès du département. 160 millions de doses ont été utilisées dans le monde sans aucun problème. Or, un certain nombre de familles ne vont pas faire vacciner leurs filles à cause de ces rumeurs. » Le conseiller aux affaires sociales Stéphane Valeri parlant même « d’anathème » et de « campagne de dénigrement » totalement infondés. « C’est l’un des rares cancers, si ce n’est le seul, contre lequel on possède un vaccin. Je ne comprends pas que l’on puisse refuser, pour des raisons idéologiques, de donner à sa fille la chance d’éviter d’avoir ce cancer », rajoute-t-il.

Sensibilisation
C’est pourquoi, au-delà des courriers incitatifs adressés chaque année aux parents ayant des adolescentes âgées de 14 ans, le gouvernement a décidé de doper l’information et la sensibilisation. Histoire de lever (définitivement ?) l’angoisse encore exprimée dans les cabinets gynécologiques monégasques par de jeunes patientes. Et surtout par les mères de famille. Première initiative : l’organisation d’une conférence-débat à l’auditorium Rainier III entièrement consacrée à ce sujet le mardi 27 novembre en présence de spécialistes. Deuxième initiative : renforcer l’information auprès des jeune filles dans les établissements scolaires. Via notamment les infirmières scolaires. « Car dès que l’on parle “santé des jeunes”, ce sont des interlocuteurs privilégiés, précise Muriel Bubbio, chargée du suivi des programmes pédagogiques à la direction de l’éducation nationale. Ces infirmières ont été formées à toutes ces questions depuis déjà 3 ans par les docteurs Françoise Ragazzoni et Dominique Beaugrand-Van Klaveren. Au moment de la visite médicale annuelle, une brochure explicative va également être distribuée aux jeunes filles de 13 à 14 ans par le médecin scolaire. Toutes vont la recevoir et pouvoir en discuter librement. »

Pas de chiffre
En revanche, depuis le lancement de cette campagne de vaccination en avril 2011, impossible de savoir à Monaco combien de jeunes patientes ont pratiqué le vaccin puisqu’aucun chiffre ne circule. En effet selon les autorités, ces informations ne seront accessibles que lorsque les jeunes filles concernées auront atteint l’âge de 18 ans. Pour des raisons juridiques et de confidentialité (protection des données personnelles notamment.) Le seul baromètre sur le sujet reste donc le « ressenti de terrain » des gynécologues exerçant à Monaco. Une vaccination, qui rappelons-le, est totalement gratuite et prise en charge par les caisses sociales pour tous les assurés sociaux. Donc y compris pour les salariés qui ne vivent pas à Monaco mais qui y travaillent. A noter enfin que depuis avril 2012, cette campagne de vaccination anti-HPV a été couplée avec une campagne de dépistage du cancer du col de l’utérus, pour les femmes de plus de 21 ans.

(1) Le gynécologue Franco Borruto et l’immunologiste Marc De Ridder sont les auteurs d’un ouvrage scientifique HPV and cervical cancer présenté en avant-première à Monaco le 29 mars dernier. Ouvrage destiné aux praticiens qui recueille et analyse les données de huit experts mondiaux.

HPV : ce qu’il faut savoir
Les papillomavirus humains peuvent dans certains cas, provoquer un cancer du col de l’utérus. Ce sont des virus très répandus qui se transmettent le plus souvent lors des relations sexuelles et des contacts intimes. Le risque maximal d’exposition se situe entre 15 et 24 ans.
• Chaque année en France, le cancer du col de l’utérus touche environ 3 000 femmes. 1 000 en décèdent. C’est autour de 40 ans qu’il est le plus souvent diagnostiqué. En France, chaque année, 67 000 cas de dysplasies sont également constatés.
• On estime que 7 femmes sur 10 pourraient être exposés aux Papillomavirus humains au cours de leur vie.
• Selon les spécialistes, les effets collatéraux de la vaccination sont bénins : une migraine, une petite rougeur dans la zone d’injection et potentiellement un jour ou deux de fièvre.

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Monaco Hebdo