mercredi 18 mai 2022
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Grippe?: campagne en toute discrétion

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« Cette année, le vaccin de la grippe saisonnière a intégré une souche de type A/H1N1 »
« Cette année, le vaccin de la grippe saisonnière a intégré une souche de type A/H1N1 » © Photo DR.

Alors que le virus de la grippe se propage de jour en jour, la DASS préconise la vaccination. Avec un dispositif sanitaire moins médiatique que l’an passé.

Par Noémie Montalbano.

Comme chaque hiver, l’épidémie annuelle de grippe est de retour avec son lot de courbatures, difficultés respiratoires et fièvre. Mais cette année, après un hiver 2009-2010, marqué par la pandémie de grippe aviaire, elle revient avec trois virus grippaux. « L’épidémie s’est développée d’abord dans le nord de la France, puis est descendue dans le sud ouest et en Bourgogne », raconte le Docteur Jean Lorenzi, adjoint au directeur de la DASS. D’ailleurs, avec 280 cas, la Bourgogne a déjà atteint et dépassé le seuil épidémique, fixé à 174 cas pour 100?000 habitants. On compte d’ailleurs près de 30 cas graves qui ont nécessité une hospitalisation en réanimation, et un certain nombre de décès, « ce qui n’est hélas pas anormal », selon le Dr Lorenzi. Dans le sud, « nous ne sommes pas encore touchés mais cela arrivera puisque le virus se transmet avec les mouvements de population. » On note ainsi déjà la mort d’un homme, un jeune retraité varois, victime de la grippe A/H3N2. Virus contracté mi-décembre lors d’un voyage à Londres.

Un virus attendu

L’épidémie progresse. Plus de 600?000 personnes auraient été touchées par le virus depuis janvier. C’est pourquoi comme rempart à la grippe, les autorités prônent la vaccination des personnes vulnérables. Il est d’ailleurs important de noter, que « cette année, le vaccin de la grippe saisonnière, qui évolue et s’adapte, a intégré une souche de type A/H1N1, en plus de celles de la grippe saisonnière et la A/H3N2 ». Le virus H1N1, qui a tant fait peur l’an passé, était en effet attendu, et connu après avoir observé les phénomènes épidémiologiques de ces derniers mois. En effet, comme l’explique le docteur Lorenzi, « quand nous, nous sommes en été, c’est l’hiver dans l’hémisphère sud, et en Australie, la grippe saisonnière était présente, et a évolué. Nous savions que dans les 3 virus de l’épidémie, il y aurait le méchant virus A/H1N1 qui nous a beaucoup préoccupé en 2010. » Ce qui a permis la fabrication anticipée du vaccin par les laboratoires pharmaceutiques, sans un élément qui avait suscité la polémique l’an dernier?: l’adjuvant. Ce produit qui vise à renforcer l’immunogénicité du vaccin, et son efficacité avait été souvent mis sur la sellette pour ses effets secondaires.

« 10 jours pour avoir le taux d’anticorps maximum »

A Monaco, dès la mise en vente du vaccin en septembre 2010, « la DASS et la médecine du travail ont essayé ensemble de stimuler les salariés pour qu’ils se fassent vacciner », explique le docteur Lorenzi. Ainsi, pour les personnes dites à risque (femmes enceintes, personnes âgées, jeunes, immunodéprimés), la vaccination est fortement recommandée. Et vite, « car il faut environ 10 jours pour avoir le taux d’anticorps maximum. »

On ne peut qu’observer une différence majeure avec le dispositif mis en place l’an passé?: aujourd’hui, personne n’a reçu et ne recevra dans sa boîte aux lettres le bon pour le vaccin, la gratuité étant seulement accordée aux plus de 65 ans.

En France, ils sont près de 5,7 millions à s’être fait vaccinés. « Ce qui n’est pas assez », souligne l’adjoint au directeur. En effet, pour endiguer une pandémie il faut que plus de la moitié de la population se fasse vacciner, pour éviter la transmission. Reste à savoir quel pourcentage de la population monégasque se fera vacciner d’ici la fin de l’hiver.

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