lundi 23 mai 2022
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A Nice, les “addicts au jeu” ont désormais un lieu d’écoute

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Depuis la rentrée, l’association « Païzô » reçoit toutes les semaines les accros aux jeux d’argent et de hasard. Pour les aider à sortir du cercle infernal de l’addiction. Eclairages…

Monaco Hebdo : Pourquoi avoir choisi de baptiser votre association « Païzô » ?
Jacky Audinat : C’est un terme grec qui signifie « je joue ». En choisissant ce terme, on voulait éviter de stigmatiser les personnes qui feraient appel à nous, mais aussi affirmer que le jeu n’a rien de pathologique en soi. C’est son excès qui est dangereux. Jouer est un facteur d’épanouissement, que ce soit pour l’enfant ou pour l’adulte. C’est l’addiction qui le rend destructeur. Nous sommes quatre volontaires à l’origine de l’association et nous travaillons tous depuis longtemps sur ces thématiques d’addiction. Moi comme infirmier. Benoît Devred, Anne-Pascale Thévenon et Vincent Laroche comme psychologues cliniciens. Dans nos pratiques, nous avons tous vu des vies brisées, des entourages ébranlés par une dépendance incontrôlée, sur laquelle on agit souvent trop tard. C’est pour éviter ces dérives que nous nous mobilisons.

M.H. : Qu’est ce qui peut définir le caractère « pathologique » du jeu ?
J.A. : C’est toute la difficulté justement. Quand vous êtes alcoolique ou toxicomane, vous avez une addiction à un produit. Vous pouvez en mesurer la consommation, évaluer les dommages qui se manifestent dans votre organisme. Les signaux d’alerte sont connus. Pour le jeu, c’est très différent, car l’addiction se définit par l’intensité du lien entre le joueur et sa pratique. Ce qui est difficile à évaluer par l’intéressé bien sûr, mais souvent aussi par l’entourage. Du coup, on a souvent des patients qui arrivent soit dans un état de délabrement financier important, soit alertés par une accumulation de signes cliniques. La dépendance au jeu étant souvent associée à d’autres addictions comme l’alcool.

M.H. : Comment prenez-vous en charge ces personnes ?
J.A. : Nous disposons régulièrement d’un local mis à disposition par la mairie (1) où nous accueillons depuis la rentrée les personnes qui veulent du soutien pour s’en sortir. Il s’agit d’abord d’un travail d’écoute et d’échanges avec des psychologues, car l’addiction au jeu se rattache à l’histoire individuelle de chacun et le dialogue approfondi est souvent nécessaire pour remonter aux racines des déséquilibres. Nous voulons également accompagner les personnes face aux conséquences socio-économiques pesantes : désocialisation, endettement, perte de travail… Pour cela, nous comptons travailler en réseau avec tous les professionnels concernés. Païzô doit pouvoir être un lieu où les personnes dépendantes au jeu « se retrouvent ». Dans tous les sens du terme.

M.H. : Vous voulez également agir en matière de prévention. Comment ?
J. A : Païzô est un interlocuteur privilégié pour les personnes dépendantes mais aussi pour des professionnels souhaitant se former au travail avec des joueurs excessifs. Il peut s’agir de buralistes, de croupiers, de professionnels de santé… Nous voulons proposer des formations à la demande, mais nous avançons pas à pas en la matière car l’association est jeune.

M.H. : Cette action de prévention se fera aussi auprès du grand public. Pourquoi ?
J.A. : Comme on le disait au début, le jeu n’est pas « pathologique » en soi. Il est donc important de pouvoir en parler librement et dans toutes ses dimensions : philosophique, artistique, psychologique… Pour éviter les stigmatisations et pour donner à chacun le plus de repères dans sa pratique de joueur. Nous comptons organiser des rencontres ou des projections-débats de films autour de ce thème. Dès le 7 mars, nous organiserons une première conférence à l’Espace associations (12 ter, Place Garibaldi, Nice) sur « Cartes, cruches et plaisirs », conduite par Gilbert Croué, historien d’art…

M.H. : En quoi vous parait-il important de se mobiliser dans la région ?
J.A. : Selon les chiffres de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), environ 600 000 personnes en France auraient un problème lié au jeu. On sait que notre région est particulièrement concernée du fait de la présence importante de casinos. Il est essentiel de se mobiliser pour accompagner les personnes en difficulté, dialoguer avec les établissements et coordonner les prises en charge. Nous sommes d’ailleurs en lien avec l’association SOS Joueurs afin de leur proposer un partenariat éventuel.

(1) Association Païzô. Espace association : 12 ter, Place Garibaldi, Nice. Permanence tous les lundis de 18 à 21h.

A quelle heure allez-vous mourir ?
On savait que nos gènes déterminaient la couleur de nos yeux ou notre groupe sanguin. Une équipe de chercheurs américains vient de découvrir un gène, « Period 1 », impliqué dans la régulation de nos rythmes de sommeil mais aussi… capable de prédire l’heure de la journée à laquelle on devrait mourir ! C’est en fait la présence de variantes sur ledit gène qui définirait la période de la journée à laquelle nous nous éteindrions (avant 11h, avant 18h ou après 18h en fonction des caractéristiques du gène chez chacun). La découverte pourrait, selon les scientifiques, définir les périodes où renforcer la surveillance de malades atteints de pathologies graves. Les chercheurs n’ont pas (encore) trouvé de gène pour annoncer la date et l’année du décès…
A quand un permis de fumer ?
L’idée vient d’être proposée par un chercheur australien, Simon Chapman, de l’Université de Sydney. Le principe ? Un permis délivré sous forme de carte magnétique qui serait exigé pour tout achat de tabac. Le permis serait délivré par les autorités publiques, contre paiement d’une cotisation annuelle, les prix variant selon la consommation de tabac de chacun. Mieux : le permis serait renouvelé chaque année et le nombre de cigarettes autorisées par jour fixé à chaque renouvellement. Une fois le seuil d’achat dépassé, la carte magnétique se bloquerait.
Top Chef et MasterChef font-ils… grossir ?
C’est l’hypothèse soulevée par une équipe de chercheurs en psychologie américain. Pour s’en convaincre, ils ont comparé les envies de fringales de quelques centaines d’étudiants, après avoir regardé des émissions culinaires ou des programmes animaliers. Résultat ? Les téléspectateurs de programmes de cuisine iraient plus facilement croquer des bonbons. 10 minutes de programme culinaire conduiraient à un grignotage de 40 calories de plus qu’un téléspectateur de programme sans toques ni petits plats.

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