Edito n°1045 : Observation

Adopté dans la soirée du 18 décembre 2025, le budget primitif 2026 de l’État monégasque, d’un montant de 2,2 milliards d’euros, a été validé par le Conseil national à une majorité relative. Avec 15 voix pour, cinq contre et trois abstentions, le scrutin traduit un soutien mesuré à un texte qui affiche pourtant un excédent de 8,8 millions d’euros, en hausse de 5,7 % par rapport à 2025. Plus qu’une approbation franche, ce vote apparaît comme un compromis prudent, reflet d’une confiance encore fragile entre l’Assemblée et le gouvernement. C’est ce sujet, et bien d’autres, que Monaco Hebdo évoque cette semaine dans un grand dossier consacré au vote de ce budget primitif 2026. Le gouvernement avait pourtant veillé à respecter les grands équilibres budgétaires, tout comme les grandes priorités : logement des Monégasques (270 millions d’euros), santé publique (208 millions), sécurité sociale (163 millions) et sécurité intérieure (113 millions). Précieuses, ces précautions ont été d’importants points de convergence qui ont sans doute permis au gouvernement princier d’emporter l’adhésion d’une majorité de conseillers nationaux. Toujours au rayon des satisfactions, le Conseil national a également salué plusieurs annonces, parmi lesquelles la poursuite du projet de rénovation du centre commercial de Fontvieille, la création d’une agence domaniale à l’horizon 2026, ou encore l’extension du dispositif Monaco Boost. L’abandon de projets jugés « excessifs », comme celui du parking de La Brasca, estimé trop coûteux et incertain, a aussi contribué à lever certaines réticences. Mais ces avancées n’ont pas dissipé les réserves persistantes d’une partie des élus. Les oppositions et les abstentions, largement similaires à celles observées lors du budget rectificatif 2025, témoignent d’un malaise institutionnel durable. En toile de fond : la méthode de travail du gouvernement princier, la transparence des décisions et la maîtrise des grands investissements. Les critiques se concentrent notamment sur des dossiers anciens et coûteux. Dans le désordre, on peut citer l’Annonciade II, le projet de nouvelle usine d’incinération, et le rapprochement des chaînes de télévision monégasques. Sur ces dossiers sensibles, les retards et les revirements continuent d’alimenter la défiance d’un certain nombre d’élus. En clôture des débats, le ministre d’État Christophe Mirmand a souligné l’importance de ce vote, qualifiant les dérives budgétaires de « faute » et appelant à une refonte du dialogue avec le Conseil national. Une ouverture saluée par le président de l’Assemblée, Thomas Brezzo, tout en rappelant le caractère conditionnel de ce soutien. Les élus attendent désormais des actes, plus que des intentions. Si le budget 2026 a été adopté, il ne marque donc pas un apaisement définitif. La relation entre le gouvernement et le Conseil national semble entrer dans une phase d’observation réciproque, où la crédibilité des engagements pris sera évaluée à l’épreuve de leur mise en œuvre. C’est à cette condition que le « oui » prudent de décembre 2025 pourra, ou non, se transformer en confiance durable.

Toute la rédaction de Monaco Hebdo se joint à moi pour vous souhaiter, ainsi qu’à votre famille et à vos proches, une bonne année 2026.