Le 28 février 2025, le tribunal administratif de Nice a décidé de suspendre l’autorisation de construire un parc photovoltaïque sur le mont Arpasse, à Levens. Cette autorisation avait été accordée par le préfet des Alpes-Maritimes le 1er mars 2024 à la Société monégasque de l’électricité et du gaz (Smeg), qui gère la production et la distribution de l’énergie de la principauté. Ce projet est celui de la société d’investissement Monaco Énergies renouvelables (MER), dont le capital est détenu par le gouvernement monégasque (51 %) et la Smeg (49 %). L’actionnaire principal de la Smeg est Engie avec 64 % des parts, alors que l’Etat monégasque dispose de 20 % du capital. Désormais, MER dispose de dix mois pour présenter une étude d’impact environnemental, qui a été jugée insuffisante par la justice. Le juge a notamment estimé que les mesures envisagées pour compenser les effets négatifs du projet sur la biodiversité n’étaient pas suffisamment détaillées, et qu’une analyse approfondie des conséquences du chantier sur l’équilibre écologique du site faisait défaut. « Les énergies renouvelables ne doivent pas être imposées au détriment des espaces naturels. La biodiversité présente un intérêt public majeur. Elle ne doit à aucun prix être sacrifiée », avait indiqué à Mediapart Ariane Masséglia, présidente des Perdigones.
Cette association de protection de l’environnement de Levens a déposé deux recours en annulation au tribunal administratif, avec la Fédération d’action régionale pour l’environnement. Un recours visait le permis de construire, pendant que l’autre attaquait la modification du plan local d’urbanisme (PLU) métropolitain. De son côté, Irène Lastère, présidente de la Ligue pour la protection des oiseaux Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), expliquait à Mediapart que le choix de ce site était « incompréhensible. Ce projet, s’il aboutit, conduirait à la destruction d’insectes et de reptiles protégés, comme la magicienne dentelée ou le lézard ocellé. Il menace plusieurs espèces d’oiseaux vulnérables, menacés de disparition, comme la fauvette pitchou ou le bruant ortolan, qui se reproduisent sur ce site. L’étude d’impact présente de graves lacunes ». Pour rendre ce dossier réalisable, Mediapart indiquait le 29 juin 2024 que le plan local d’urbanisme de la métropole Nice-Côte d’Azur (PLUm), dont la commune de Levens est membre, avait dû être modifié. Classé en zone naturelle, le plateau de l’Arpasse a pu être requalifié en “zone à urbaniser indice photovoltaïque”, suite à une délibération du 25 septembre 2023, car ce projet a été jugé d’intérêt général.



