Didier G., un Monégasque de 54 ans, a beau avoir abreuvé d’explications le président du tribunal correctionnel de Monaco, il ne l’a visiblement pas convaincu. L’homme était jugé mardi 21 octobre en procédure de flagrant délit pour escroquerie, requalifiée en abus de faiblesse, après avoir tenté d’encaisser il y a quelques jours un chèque de 25 000 euros dans une banque à Fontvieille. Cet argent, c’est un retraité de Monaco qui lui aurait gracieusement alloué. « Il a voulu me récompenser pour les différentes démarches que j’ai accomplies pour lui » se justifie le prévenu. Problème : ce don, la victime n’en a aucun souvenir. « J’ai des trous de mémoire depuis plusieurs mois. Mais 25 000 euros c’est sûr que c’est trop, je suis trop radin pour verser une telle somme » explique avec assurance le retraité. « C’est un dossier nauséabond où comme à chaque fois une personne tel un charognard sent ceux qui se trouvent en état de faiblesse » insiste Me Giaccardi, l’avocat de la victime. A la barre, son client ne peut cacher son état de faiblesse reconnaissant être suivi par plusieurs médecins pour de multiples pathologies. De l’autre côté de la barre, on dénonce un dossier trop rapidement bouclé. « Il n’y a pas assez d’éléments pour montrer l’abus de faiblesse ou de confiance » souligne Me Lorenzi-Martarello. Durant ses réquisitions, le procureur ne fera pas d’état d’âme réclamant six mois de prison ferme. « Selon l’expert-psychiatre qui l’a rencontré, Monsieur G. a une personnalité aux traits narcissiques. Il est en état de discerner l’état de vulnérabilité de la victime. Pourtant, il utilise des manœuvres frauduleuses pour poursuivre la tonte de celle-ci ». Se disant sali et blessé, Didier G. défendra jusqu’au bout son innocence. Peine perdue, il sera reconnu coupable d’abus de faiblesse et condamné à 6 mois de prison ferme ainsi qu’au versement d’un euro de dommages et intérêts pour la partie civile.
Justice : 6 mois ferme pour abus de faiblesse
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