Interpellé le 14 décembre 2023, puis inculpé pour des faits supposés de corruption et de trafic d’influence (1), le maire de Monaco, Georges Marsan, est soumis depuis à un contrôle judiciaire strict. En compagnie de quatre autre personnes, il est présumé complice d’une affaire de trafic d’influence et de corruption, ce qu’il a nié par l’intermédiaire de son avocat, Me Thomas Brezzo. À l’origine de cette affaire, selon un article publié par Monaco-Matin le 20 février 2024, une lettre de dénonciation rédigée par un couple originaire des pays de l’Est et repreneurs du restaurant OLiban, renommé La Terrasse du Marché. Situé sur le toit-terrasse des locaux communaux des halles de la Condamine, ce commerce est resté ouvert moins de deux ans. Ce couple serait ensuite revenu sur ses propos, en mettant en avant une mauvaise traduction du russe vers le français, avant de disparaître. Mais une enquête a néanmoins été ouverte, Monaco-Matin évoquant une information judiciaire portant sur de « nombreux cadeaux » offerts au maire.
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Placé sur écoute fin 2023, Georges Marsan serait suspecté d’avoir utilisé sa fonction pour faire en sorte que le nouveau propriétaire de La Terrasse du Marché garde l’un de ses proches en tant que gérant. Est-ce que la résiliation de la concession a été mise dans la balance ou est-ce le non-paiement des loyers qui explique cette fermeture ? La SARL OLM, qui exploitait La Terrasse du Marché, a en tout cas été placée en cessation de paiement le 4 mars 2021. Parmi les autres dossiers qui intéressent les enquêteurs, Monaco-Matin évoque aussi la recherche d’un local municipal pour loger la boutique d’un associé d’une proche de Georges Marsan, ainsi qu’une commission d’apporteur d’affaires qui aurait été réclamée pour avoir rapproché un possible acheteur avec les vendeurs de l’ancien établissement de nuit le Monark Club, devenu aujourd’hui le MK, sur le port Hercule. Ces affaires ne sont pas allées plus loin, indique ce quotidien local, tout en évoquant néanmoins l’existence d’une intention, qui peut caractériser un délit pour la justice monégasque. Mais cela expliquerait pourquoi celui qui est maire de Monaco depuis 2003 est poursuivi, avec quatre autres personnes, pour « corruption sur un agent public national », « trafics d’influence », « prise illégale d’intérêt », et « association de malfaiteurs ».
1) Toutes les personnes citées dans cet article sont présumées innocentes, jusqu’à un jugement définitif.



