dimanche 8 mars 2026
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Affaire Epstein : ce que disent vraiment les documents sur Monaco

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La publication de 3,5 millions de documents bruts par la justice américaine, liés à l’affaire Epstein, ce milliardaire américain accusé de trafic sexuel, dépasse les frontières américaines et alimente les interrogations, jusqu’à Monaco. En 2019, une enquête mineure concernait la Principauté, sans l’incriminer. Par Clément Martinet

Les révélations successives issues de la déclassification massive du dossier Jeffrey Epstein (1953-2019) font couler de l’encre. En janvier 2026, plus de trois millions de pages ont été partagée au débat public par le département de la justice américain. Elles regroupent des échanges d’e-mails, des registres de vols, des éléments bancaires, des témoignages judiciaires et des documents issus de procédures fédérales, notamment via le US Marshals Service. Ces publications ont confirmé ou éclairé les liens d’Epstein avec plusieurs figures politiques, économiques ou royales aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais qu’en est-il de Monaco ? Rien. La Principauté, par son statut, sa visibilité internationale et sa proximité avec certaines élites européennes, attire les regards et les soupçons, mais, à ce jour, les documents judiciaires rendus publics ne font émerger aucun lien direct, structurel ou incriminant avec Monaco. Les révélations successives issues de la déclassification massive du dossier Jeffrey Epstein (1953-2019) font couler de l’encre. En janvier 2026, plus de trois millions de pages ont été partagée au débat public par le département de la justice américain. Elles regroupent des échanges d’e-mails, des registres de vols, des éléments bancaires, des témoignages judiciaires et des documents issus de procédures fédérales, notamment via le US Marshals Service. Ces publications ont confirmé ou éclairé les liens d’Epstein avec plusieurs figures politiques, économiques ou royales aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Jeffrey Epstein a fait escale à Monaco le 27 mars 2019, à bord de son jet privé. Cette escale monégasque, découverte a posteriori par les autorités américaines a déclenché une enquête mineure du US Marshals Service, centrée exclusivement sur le non-respect du cadre légal imposé aux délinquants sexuels enregistrés

Une mention unique

La seule apparition documentée de Monaco dans les dossiers concerne un épisode précis, daté de mars 2019, soit quelques mois avant l’arrestation d’Epstein à New York en juillet de la même année. À cette période, le financier était enregistré comme délinquant sexuel depuis sa condamnation en Floride en 2008 et soumis à des obligations strictes de déclaration de ses déplacements internationaux, en vertu de l’International Megan’s Law. Le 15 mars 2019, Epstein notifie officiellement aux autorités américaines un voyage en France prévu du 19 au 29 mars. Or, les données de suivi de vols issues des registres de la Federal Aviation Administration (FAA) et de services de “tracking” public révèlent des escales non déclarées. Parmi elles, une présence à Vienne le 22 mars, puis une escale à Monaco le 27 mars 2019, à bord de son jet privé. Cette escale monégasque, découverte a posteriori par les autorités américaines a déclenché une enquête mineure du US Marshals Service, centrée exclusivement sur le non-respect du cadre légal imposé aux délinquants sexuels enregistrés. Aucun élément du dossier ne décrit la nature du séjour, sa durée exacte, d’éventuelles rencontres ou des activités spécifiques sur le territoire monégasque.

Pas d’acteurs locaux

C’est un point essentiel : aucune accusation, aucun témoignage, aucun document ne fait état d’abus, de recrutements de victimes, de transactions financières suspectes ou de complicités locales à Monaco. Aucun nom monégasque n’apparaît dans les journaux de vol publics, les carnets de contacts, les échanges électroniques ou les annexes judiciaires liées à Epstein. Aucune personnalité locale, ni aucun responsable institutionnel, ni même résident notable de la Principauté ne sont cités, actuellement, dans les documents déclassifiés.

Le processus de déclassification n’est pas totalement achevé. De nouveaux documents pourraient encore émerger

À l’inverse, les dossiers mettent en lumière des interactions avec des figures politiques américaines, britanniques ou internationales, déjà connues ou confirmées par d’autres procédures. Les autorités américaines ont bien adressé, à l’époque, des demandes d’assistance judiciaire à plusieurs pays européens, dont Monaco, dans le cadre de la vérification des déplacements d’Epstein. Mais, là encore, il s’agissait uniquement de confirmer des passages sur le territoire, non d’instruire des faits pénaux locaux.

Une présence périphérique, sans suite judiciaire

L’enquête ouverte sur les voyages non déclarés d’Epstein était toujours en cours au moment de sa mort, en août 2019. Elle a été close sans poursuites supplémentaires sur ce point précis, les procédures pénales principales visant les crimes sexuels ayant été interrompues par son décès. Les dernières révélations, publiées entre janvier et février 2026, confirment cette lecture : Monaco n’apparaît qu’en marge, comme une escale non déclarée, dans un itinéraire européen rapide, sans conséquences pénales locales, ni ramifications identifiées. En l’état actuel des documents publics, Monaco n’est ni un acteur, ni un théâtre, ni un bénéficiaire du système criminel mis en place par Jeffrey Epstein. Sa mention se limite à ce point de passage logistique, intégré à une enquête administrative américaine sur le respect des règles de déplacement d’un délinquant sexuel enregistré. Cependant, le processus de déclassification n’est pas totalement achevé. De nouveaux documents pourraient encore émerger. Mais, à la date de février 2026, aucun élément sérieux ne permet d’établir un lien entre la Principauté et les crimes liés au dossier Epstein.

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