mardi 17 février 2026
AccueilActualitésJudiciaireCorruption : un ex-agent de la sûreté publique à la barre

Corruption : un ex-agent de la sûreté publique à la barre

Publié le

Corruption
© Photo DR

Corruption, recel d’un faux document administratif et révélation de secret. C’est pour ces trois infractions qu’un ancien agent de la Sûreté Publique comparaissait en correctionnelle, mardi matin. L’affaire remonte en 2006. A l’origine, une commission rogatoire internationale ordonnée dans une affaire d’escroquerie de banques françaises commises par des malfrats italiens. Courant 2006, l’ex-policier aurait transmis des informations provenant des fichiers de la Sûreté, auxquelles son grade ne lui permettait normalement pas d’accéder, à l’un de ces malfrats. Une « connaissance », selon le prévenu, rencontrée à la fin des années 90. L’escroc lui aurait demandé des informations sur un de ses amis, qui venait d’échapper à un contrôle des autorités monégasques. L’ancien agent lui aurait révélé qu’un mandat d’arrêt international avait été lancé contre cet ami et qu’une mesure de refoulement le touchait également en principauté. « Je n’ai mentionné que la mesure de refoulement mais je reconnais avoir touché 1?000 euros. Je ne lui avais demandé aucun argent », a indiqué le prévenu. « 1?000 euros pour notifier une mesure de refoulement, ça fait cher le renseignement », a rétorqué le président du tribunal. L’homme était également soupçonné d’avoir renseigné sa « connaissance » sur l’obtention d’une carte de séjour en principauté et de lui avoir bloqué des plaques d’immatriculation. Le président a alors cité d’autres exemples de révélations de secret?: un particulier renseigné sur la petite amie de son fils, des policiers italiens informés officieusement ou encore des données compilées sur l’ancien propriétaire du commerce repris par son ex-femme, en plein litige avec celui-ci. « Vous trouvez normal que la police soit une source d’information pour le public?? », a demandé le président. « J’ai fait ça par gentillesse. Quant aux contacts avec les policiers italiens, ce sont des pratiques courantes », a affirmé le prévenu.

Il était aussi reproché à l’ancien agent, qui comptait 29 ans de service dans la police monégasque, de posséder une fausse carte de l’institution portant la mention « Commissaire spécial ». Un poste inexistant. L’ex-agent a expliqué « qu’il s’agissait d’un canular, gardé en souvenir d’un collègue décédé ». Et de préciser qu’il l’avait obtenu d’« un cousin du prince qui le connaissait » mais ne s’en était « jamais servi ». Le procureur général a requis huit mois d’emprisonnement ferme. Me Michel a demandé « la prise en compte de la période de détention effectuée en France (4 mois, ndlr) » par son client. Il était poursuivi pour corruption en France dans la même affaire. La décision sera rendue le 29 mars.

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail