
Corruption, recel d’un faux document administratif et révélation de secret. C’est pour ces trois infractions qu’un ancien agent de la Sûreté Publique comparaissait en correctionnelle, mardi matin. L’affaire remonte en 2006. A l’origine, une commission rogatoire internationale ordonnée dans une affaire d’escroquerie de banques françaises commises par des malfrats italiens. Courant 2006, l’ex-policier aurait transmis des informations provenant des fichiers de la Sûreté, auxquelles son grade ne lui permettait normalement pas d’accéder, à l’un de ces malfrats. Une « connaissance », selon le prévenu, rencontrée à la fin des années 90. L’escroc lui aurait demandé des informations sur un de ses amis, qui venait d’échapper à un contrôle des autorités monégasques. L’ancien agent lui aurait révélé qu’un mandat d’arrêt international avait été lancé contre cet ami et qu’une mesure de refoulement le touchait également en principauté. « Je n’ai mentionné que la mesure de refoulement mais je reconnais avoir touché 1?000 euros. Je ne lui avais demandé aucun argent », a indiqué le prévenu. « 1?000 euros pour notifier une mesure de refoulement, ça fait cher le renseignement », a rétorqué le président du tribunal. L’homme était également soupçonné d’avoir renseigné sa « connaissance » sur l’obtention d’une carte de séjour en principauté et de lui avoir bloqué des plaques d’immatriculation. Le président a alors cité d’autres exemples de révélations de secret?: un particulier renseigné sur la petite amie de son fils, des policiers italiens informés officieusement ou encore des données compilées sur l’ancien propriétaire du commerce repris par son ex-femme, en plein litige avec celui-ci. « Vous trouvez normal que la police soit une source d’information pour le public?? », a demandé le président. « J’ai fait ça par gentillesse. Quant aux contacts avec les policiers italiens, ce sont des pratiques courantes », a affirmé le prévenu.
Il était aussi reproché à l’ancien agent, qui comptait 29 ans de service dans la police monégasque, de posséder une fausse carte de l’institution portant la mention « Commissaire spécial ». Un poste inexistant. L’ex-agent a expliqué « qu’il s’agissait d’un canular, gardé en souvenir d’un collègue décédé ». Et de préciser qu’il l’avait obtenu d’« un cousin du prince qui le connaissait » mais ne s’en était « jamais servi ». Le procureur général a requis huit mois d’emprisonnement ferme. Me Michel a demandé « la prise en compte de la période de détention effectuée en France (4 mois, ndlr) » par son client. Il était poursuivi pour corruption en France dans la même affaire. La décision sera rendue le 29 mars.



