
Un homme de 43 ans devait répondre, le 6 mars, d’une escroquerie présumée de 175?406 euros à la Société Générale via son entreprise basée à Monaco.
Philippe L. a-t-il escroqué la Société Générale en produisant des « fausses » factures?? Tel est le débat qui a alimenté le procès de cet ancien entrepreneur sur le territoire monégasque. L’affaire trouve son origine dans les déboires de la Société monégasque d’environnement technologique (SMET), créée en 2003, dont le prévenu était le dirigeant et fondateur. Le but de l’entreprise?: « réaliser des plateaux techniques ». Parmi ses clients, la SMET compte McDonald’s France qui lui confie plusieurs chantiers en France. L’approvisionnement du compte ouvert par Philippe L. à la Société Générale, pour le compte de la SMET, est basé sur un système de cession de créances. Autrement dit, Philippe L. envoie les factures de McDonald’s et des autres clients à la banque. Celle-ci lui ouvre la ligne de crédit correspondant aux montants facturés et recouvre ensuite l’argent auprès des clients concernés. Entre 2008 et 2009, la Société Générale se rapproche de McDonald’s pour que la société règle huit factures à hauteur de 175?406 euros. Et, surprise, McDonald’s rétorque à la banque que ces factures « ne correspondent à rien, ni aux montants réglés des travaux, ni aux travaux effectués ». Surtout que les travaux ont déjà été payés. La Société Générale se retrouve avec huit factures « litigieuses ». « Ces factures sont vraies. Le montant des travaux devait avoisiner les 175?406 euros. Seulement, les travaux n’ont pas bien été réalisés ou n’ont pas été achevés. McDonald’s n’a réglé que 97?000 euros et a fait faire le reste par une autre société. Je n’ai pas facturé des choses qu’on ne savait pas faire », s’est défendu Philippe L. « Ma seule erreur a été d’envoyer les créances à la banque alors que les travaux commandés venaient de commencer », a-t-il ajouté.
Dix mois de prison ferme requis
A la même période, la SMET rencontre de grosses difficultés, avec plusieurs dettes. « J’avais tout arrêté fin 2008, début 2009. Je suis tombé malade », a confié l’homme, arrêté en février à Monaco. Un chèque de 3?300 euros est émis sans provision en novembre 2008 par Philippe L. Puis, la SMET fait banqueroute. La cessation de paiement, non déclarée par le dirigeant aux instances judiciaires monégasques, est prononcée en juillet 2009. Ces deux faits entraînent, en 2010, un premier procès en Principauté pour le prévenu et sa condamnation à six mois de prison ferme. Un jugement auquel il avait fait opposition. « On nous explique un contexte à la Emile Zola sauf qu’il roulait en Aston Martin. Il y a plutôt un contexte de cavalerie et d’escroquerie », a souligné Me Marquet, avocat de la Société Générale. Partie civile, la banque a réclamé 185?406 euros de dommages et intérêts. « Philippe L. ne s’est pas enrichi. Il n’a plus rien. Il a peut-être été trop loin pour sauver sa société. Quant aux faux évoqués, nous n’avons jamais eu les originaux. On ne peut pas condamner un homme juste parce qu’il roulait dans une belle voiture », a plaidé Me Lavagna, demandant la relaxe de son client. Le parquet a requis dix mois de prison ferme à l’encontre de Philippe L. Décision le 13 mars.



