samedi 24 septembre 2022
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Syrie : « Il faut la plus ferme des condamnations »

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Le conseiller aux relations extérieures, José Badia, estime que le conflit en Syrie ne peut rester sans réponse et appelle à une sanction « ferme et adaptée ».

Monaco Hebdo : La France a récemment plaidé pour une action « ferme et proportionnée » en Syrie et a indiqué vouloir « réunir dans les meilleurs délais une coalition internationale ». Quelle est aujourd’hui la position de Monaco concernant le conflit en Syrie ?
José Badia : La Principauté de Monaco est attachée au respect des droits de l’homme et désireuse de voir une solution diplomatique s’ouvrir enfin, en Syrie, pour qu’il soit rapidement mis fin au conflit interne à ce pays. Dans toutes les instances internationales confrontées à cette question, Monaco a marqué régulièrement sa pleine et entière association aux efforts de la Communauté internationale, afin que stoppent sans tarder les violences à l’encontre des populations civiles. La position monégasque est avant tout de condamner toute atteinte aux droits de l’homme et de soutenir les populations aussi bien dans les instances internationales, en particulier au sein de l’ONU, que sur le terrain, notamment en partenariat avec des organisations internationales telles que la Croix-Rouge internationale ou le Haut commissariat aux réfugiés, impliquées dans l’aide d’urgence aux populations réfugiées et déplacées. A cet égard, il est à souligner que les organisations non gouvernementales monégasques prennent part à cette aide, notamment en faveur de la population syrienne réfugiée au Liban.

M.H. : Estimez-vous donc, comme l’a déclaré le premier ministre français Jean-Marc Ayrault, que le bombardement chimique syrien (que la France attribue au régime du président Bachar Al-Assad) « ne peut rester sans réponse » ?
J.B. : Absolument, il convient maintenant de rechercher la réponse la plus adaptée.

M.H. : Une intervention militaire est-elle légitime, même sans mandat du Conseil de sécurité ?
J.B. : En tant qu’Etat membre de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, Monaco estime que le recours à celles-ci, a fortiori contre des populations civiles non combattantes, comprenant des femmes et des enfants, constitue sans aucun doute un crime contre l’humanité, ce qui appelle au-delà de la plus ferme des condamnations, une sanction adaptée. Comme tous les pays de la Communauté internationale, Monaco sera très attentif au rapport des experts mandatés par l’ONU qui devrait établir la responsabilité de ce crime contre l’humanité.

M.H. : Une note de synthèse de 8 pages des services secrets français a été rendue publique début septembre. Ce document confirme qu’il y a bien eu une « attaque chimique » le 21 août perpétrée par le régime syrien. Le gouvernement a ensuite mis en ligne six vidéos sur l’attaque chimique. Que pensez-vous de cette démarche ?
J.B. : Elle n’est pas surprenante. Tout Etat détenant des informations permettant d’établir les responsabilités de crimes contre l’humanité a la légitimité de les porter à la connaissance de l’ensemble des Etats membres des Nations-Unies. Il appartient aux experts de se prononcer sur le contenu de ces informations afin de garantir leur fiabilité.

M.H. : La décision du président américain Barack Obama de demander l’approbation du Congrès préalablement à toute action militaire vous a-t-elle surpris ?
J.B. : Dans une situation aussi grave, face à un choix aussi crucial, il n’est pas surprenant de s’attacher à rassembler la Nation.

M.H. : Que vous inspire l’interview accordée par le président syrien Bachar-Al-Assad au Figaro dans laquelle il brandit notamment deux menaces : l’une concernant une guerre régionale et l’autre concernant des répercussions négatives sur les intérêts de la France ?
J.B. : Cette interview rappelle, s’il en était encore besoin, la gravité du choix qui se pose à la Communauté internationale et des conséquences induites par l’action comme par l’inaction.

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