mardi 17 février 2026
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Qui pour gouverner le monde ?

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Politique et économie ont été au coeur de la 6ème édition de la World Policy Conference, qui a réuni Albert II, Laurent Fabius, Jean-Claude Trichet ou encore Pascal Lamy.

C’est par un hommage princier à la défunte icône sud-africaine, Nelson Mandela, que se sont ouverts les colloques de la 6ème World Policy Conference au Fairmont. Du 13 au 15 décembre, l’événement chapeauté par le directeur de l’Institut français des relations internationales Thierry de Montbrial, a réuni pléthore de personnalités politiques, économiques et d’experts pour évoquer les évolutions du monde et son avenir. « Monaco est attentif à la vie des relations internationales en une période où l’interdépendance étant sans cesse accrue, la situation des autres pays nous concerne également […] Tout l’art de la diplomatie réside alors dans l’apport de réponses rapides mais non précipitées, de réponses proportionnées et équilibrées, fondées sur une juste appréciation de la nature et de l’ampleur des changements à intervenir », a déclaré le prince Albert II. Lui succédant à la tribune, Thierry de Montbrial, s’est prononcé en faveur d’un monde « raisonnablement ouvert », affirmant que « l’interdépendance est une menace autant qu’un bienfait, mais une collectivité non maîtrisée multiplie les risques de catastrophe. »

Croissance
Parmi les thèmes abordés, il a été question de croissance et de gouvernance mondiale. Selon Jacob Frenkel, président de JP Morgan Chase International et du Groupe des Trente (G-30), « la crise est derrière nous mais il reste quelques défis. » « Le monde est en croissance depuis 2009. Son centre de gravité se déplace. Il y a 10 ans, 5 % des exportations de l’UE et 7 % des exportations des USA allaient vers la Chine, aujourd’hui, c’est 20 % et 25 %. Quand on parlait de la Chine, c’était une menace. Aujourd’hui, c’est une opportunité », a-t-il expliqué avant d’évoquer la situation économique en Europe. « Les pays se tournent vers la Banque centrale européenne qui a fait tout son possible pour les aider. 12,2 % de la population de la zone euro est au chômage. Plus de 50 % de ces chômeurs le sont depuis plus d’un an. Il reste beaucoup de problèmes structurels, il ne s’agit pas d’un problème monétaire », a pointé Frenkel.

Repenser le G20
Il SaKong, président de l’Institute for Global Economics et ancien ministre des finances de Corée de Sud, a lui insisté sur la nécessité d’un leadership collectif. Il a soumis l’idée d’institutionnaliser le G20, estimant que le G7 ne pouvait « à lui seul gérer l’ensemble des problématiques mondiales ». Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), s’est, lui, appuyé sur un rapport dont la conclusion générale renvoyait à la démonopolisation de la gouvernance mondiale. « Il ne faut plus qu’elle soit l’apanage d’Etats souverains. Certaines villes et multinationales ont plus de pouvoir que des nations qui siègent à l’ONU. Il faut réunir les trois « clubs » pour pouvoir résoudre les problèmes à l’échelle mondiale », a-t-il conclu.

Union Européenne : La Turquie veut entrer

Ali Babacan, vice-premier ministre aux affaires économiques et financières turc, a indiqué que la Turquie souhaitait toujours intégrer l’Union Européenne. « Lorsqu’on nous pose la question, notre réponse est un oui ferme. L’UE nous donne des repères dans beaucoup de domaines. Nous la percevons comme une union de valeurs et d’idéaux. Nous avons engagé des réformes internes et les critères d’entrée dans l’UE nous permet de mesurer la qualité de ses réformes. Nous sommes en train de prouver qu’islam et démocratie peuvent co-exister », a-t-il déclaré lors de la 6ème World Policy Conference.

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