Depuis le 9 juin et jusqu’au 13 juin 2025, une soixantaine de chefs d’Etat sont réunis à Nice pour la 3ème Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC). Objectif : tenter de s’accorder sur des solutions concrètes pour sauver les océans, victimes du réchauffement climatique, de la pollution, de la pêche légale ou non, et de l’exploitation des fonds marins par de grands pays comme la Russie et les Etats-Unis. Résultat, les écosystèmes sont en perdition pour certains, pendant que la montée des températures acidifie les mers. La biodiversité est malmenée, notamment par le plastique. En amont de l’UNOC3, des scientifiques du monde entier se sont réunis à Nice, du 3 au 6 juin 2025, dans le cadre du One Ocean Science Congress. Tous ont mis en avant une situation qu’ils jugent alarmante. L’océan est en danger. Or, il contribue à la régulation du climat, car il absorbe de 25 % à 30 % du CO2 dégagé par les activités humaines. Quant au poisson et aux coquillages, ils permettent à plus de trois milliards de personne de vivre, tout simplement. Alors que l’UNOC2 avait attiré seulement 24 chefs d’Etat en 2022 à Lisbonne, cette nouvelle édition mobilise davantage. Au total, 2 300 scientifiques sont présents à Nice, ainsi que 12 000 délégués. Si le vice-président chinois, Han Zheng, devrait être présent, ainsi que le président brésilien Lula, les Etats-Unis font partie des grands absents. « Je regrette que certains chefs d’Etat décident de ne pas tenir compte de la science, voire invalident les études et les alertes des scientifiques pour trouver prétexte à ne pas agir », a commenté la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, à Nice, le 22 mai 2025. Parmi les sujets qui seront particulièrement scrutés, le Biodiversity Beyond National Jurisdiction (BBNJ), c’est-à-dire l’accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les eaux internationales, ainsi que le développement des aires marines protégées. Pour que le BBNJ entre en vigueur, il faut soixante ratifications. « Monaco, premier pays européen et du pourtour méditerranéen à avoir ratifié l’accord BBNJ, se félicite du nombre croissant des ratifications, et de ces belles annonces faites par le président Macron, car il y a urgence à engager les actions qu’il prévoit », a lancé le prince Albert II, lors d’un discours prononcé à Nice, le 9 juin 2025. Reste à savoir combien de ratifications seront acquises en fin de journée, le 13 juin 2025. En parallèle, des engagements volontaires sont aussi espérés concernant le déploiement d’aires marines protégées dans les zones économiques exclusives (ZEE). On se souvient que pendant la COP15 biodiversité, à Montréal, en 2022, l’objectif était de parvenir à protéger 30 % de l’océan d’ici 2030. Pour le moment, on est loin du compte. Après l’UNOC3, du côté français, on vise une hausse de 8 à 12 % d’espaces protégés. Concernant la protection des grands fonds marins, Donald Trump a signé un décret qui permet d’obtenir plus vite les permis d’exploration et d’exploitation commerciale dans les eaux internationales. Régulées par l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), ces zones font l’objet d’un moratoire d’une trentaine de pays qui réclament une pause, ou une interdiction, de l’exploitation des fonds marins, comme la France, par exemple. Sur ce sujet, « Monaco tient à réaffirmer son attachement au principe de précaution. Toute exploitation minérale des grands fonds devrait s’effectuer dans un cadre règlementaire établi sur des données scientifiques fiables, sous les auspices de l’autorité internationale des fonds marins », a soutenu Albert II. Avant d’ajouter : « Il nous faut maintenant absolument des actions concrètes pour sauver l’océan. Pour notre avenir et celui de nos enfants. » Un premier bilan pourra être fait en fin de journée, le 13 juin 2025.




