L’annonce, par le président américain, Donald Trump, de conséquents droits de douane sur les importations de Chine (10 %), du Canada et du Mexique (25 %) a fait l’effet d’une bombe. Les médias se sont largement fait l’écho de ce jeu économique mondial qui inquiète, y compris aux Etats-Unis. En effet, le 3 février 2025, Donald Trump a fini par admettre que ses droits de douane pourraient « faire souffrir » les Américains : « Est-ce que cela va faire souffrir ? Oui, peut-être (et peut-être pas !). Mais nous rendrons l’Amérique grande à nouveau, et tout cela vaudra le prix qui doit être payé. Nous sommes un pays qui est maintenant géré avec bon sens – et les résultats seront spectaculaires !!! », a promis le président américain sur son réseau Truth Social, admettant que ces mesures déboucheront sur des hausses de prix pour les contribuables américains. Le lancement de cette féroce guerre commerciale est scruté de près en Europe, et à Monaco aussi. Dans une longue interview accordée cette semaine à Monaco Hebdo, le conseiller-ministre pour l’économie et les finances, Pierre-André Chiappori, a néanmoins affiché son optimisme. Estimant que la principauté occupe « une position singulière », il a rappelé que Monaco « ne possède pas de production manufacturière ou industrielle à grande échelle destinée à l’exportation » et que, « par conséquent, l’exposition directe de Monaco aux tarifs douaniers sur les produits exportés reste limitée ». Avant d’ajouter : « Les exportations de Monaco vers les États-Unis ne constituent qu’une part marginale de l’activité économique globale, Elles ont représenté moins de 42 millions d’euros en 2023, pour un PIB supérieur à 9 milliards. De plus, les produits monégasques concernés par des hausses de tarifs douaniers seraient principalement ceux liés aux secteurs de niche : appareils de mesure et horlogerie, produits cosmétiques et activités artistiques. Ces segments pourraient être moins sensibles aux variations de coûts douaniers, en raison de leur clientèle haut de gamme. » Mais Pierre-André Chiappori reste attentif au scénario qui pourrait conduire à une guerre commerciale globale. Si l’Union européenne (UE), la Chine, le Mexique et le Canada, ainsi que le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (BRICS), déploient des mesures de rétorsions, l’impact pourrait alors se faire sentir, a estimé le conseiller-ministre pour l’économie et les finances : « L’histoire montre que de telles situations se traduisent inévitablement par une diminution sensible du commerce international, et, in fine, de la croissance mondiale. Aucune économie n’est alors totalement à l’abri. » Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 4 février 2025, la Chine a dévoilé sa riposte, pour répondre aux droits supplémentaires de 10 % sur les produits chinois importés aux Etats-Unis : des droits de douane de 15 % sur les importations de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL) américains. Cette mesure entrera en vigueur le 10 février 2025. La Chine a aussi ouvert une enquête contre Google, cette entreprise américaine étant soupçonnée « d’avoir violé la loi antimonopole de la République populaire de Chine, l’agence étatique pour la régulation du marché a lancé une enquête conformément à la loi », a indiqué le gouvernement chinois dans un communiqué. La guerre commerciale ne fait que commencer, et Monaco devra peut-être s’adapter.
Edito n°1363 : Guerre
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