Edito n°1358 : Recettes

Alors que Monaco Hebdo bouclait son dernier numéro de l’année, dans la soirée du 17 décembre 2024, le gouvernement monégasque avait présenté quelques jours plus tôt le budget primitif de l’Etat pour 2025, qui devait ensuite être soumis au vote des conseilles nationaux dans la soirée du 19 décembre 2024. S’il dépasse à nouveau les deux milliards d’euros, il présente un déficit de 88,6 millions d’euros. Mais, au-delà de ce chiffre négatif, c’est surtout de la ventilation des recettes qu’il a été question dès la première séance d’étude de ce budget primitif 2025, dans la soirée du 12 décembre 2024. Environ un peu plus de la moitié des revenus de Monaco proviennent de la TVA, suivi par le domaine immobilier (environ 15 %), c’est-à-dire les immeubles loués par l’Etat ou les parkings publics. Viennent ensuite l’impôt sur les bénéfices des entreprises (près de 11 %), à égalité avec les transactions juridiques, c’est-à-dire les droits de mutation, les droits sur les autres actes civils et administratifs, et les taxes sur les assurances. En 2025, les recettes de l’Etat devraient augmenter de 2,6 % (2,098 milliards d’euros), mais les dépenses devraient croître davantage, avec une hausse de 6,1 % (2,187 milliards d’euros). Il faut dire que le contexte a changé, puisque les recettes exceptionnelles liées à l’opération « Mareterra » appartiennent désormais au passé.

Si, lors des débats, le conseiller national et rapporteur pour la commission des finances du Conseil national, Franck Julien, a rappelé que le produit intérieur brut (PIB) de la principauté avait enregistré une progression de 46,5 % sur les dix dernières années, l’heure est à la recherche de nouvelles sources de recettes. La création d’une contribution touristique, une taxe de séjour, ne sera pas suffisante, ont estimé les conseillers nationaux. Ils ont avancé d’autres possibilités, notamment une réforme du droit de préemption, afin de pouvoir l’étendre aux biens à destination commerciale, la mise en place de zones franches transfrontalières avec la France et l’Italie, ou encore la création d’un véhicule juridique, afin que l’Etat monégasque puisse acheter du foncier, le valoriser et le gérer. En réponse, le ministre d’Etat, Didier Guillaume, a assuré que la présentation de budgets de l’Etat qui seraient déficitaires « de manière structurelle » n’était pas dans les plans du gouvernement, et que la recherche de nouvelles sources de recettes était lancée. « Nous approfondissons actuellement des pistes très concrètes, mais il est encore un peu tôt pour les partager ensemble », a-t-il ajouté, avant de compléter : « Il est nécessaire de diversifier le tissu économique, de développer des activités innovantes, génératrices de recettes comme d’emplois, peu consommatrices d’espace et participant au rayonnement international de Monaco, tout en soutenant les secteurs historiques qui ont toujours contribué au dynamisme de notre économie. Et il faut, enfin, améliorer les recettes existantes, en veillant à leur bon recouvrement. » Assurant que les dépenses de l’Etat étaient l’objet « d’une attention particulière », Didier Guillaume a donc cherché à rassurer. En face, le président du Conseil national, Thomas Brezzo a rappelé que si les élus sont, comme le gouvernement, des « optimistes invétérés », ce sont aussi « des sentinelles qui observent avec vigilance la distance entre les paroles et les actes ». Les élus ont visiblement hâte de voir ce que sont les « pistes très concrètes » de nouvelles recettes évoquées par Didier Guillaume.

Toute l’équipe de Monaco Hebdo se joint à moi pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année.

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