Edito n°1339 : Impact

Il s’est écoulé presque deux semaines depuis le 28 juin 2024. Cela fait donc presque deux semaines que le Groupe d’action financière (Gafi) a placé Monaco sur sa liste grise de « surveillance renforcée », en compagnie du Venezuela et de 19 autres pays.

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En janvier 2023, la principauté avait été épinglée par Moneyval. L’organe de lutte contre le blanchiment d’argent du Conseil de l’Europe réclamait alors des « améliorations fondamentales pour renforcer l’efficacité de la supervision, des enquêtes et des poursuites en matière de blanchiment de capitaux et de la confiscation des produits du crime », et aussi en ce qui concerne le financement du terrorisme.

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En parallèle de cette décision, le Gafi a reconnu des « progrès significatifs » réalisés par Monaco sur certains aspects de la lutte contre le terrorisme. Néanmoins, il faudra poursuivre ces efforts pour espérer sortir de cette liste grise en 2026. En attendant, que faut-il craindre dans l’immédiat pour la principauté ? C’est la question que pose cette semaine Monaco Hebdo. Pour tenter d’y répondre, nous avons notamment consulté plusieurs études, comme celle du Center for Global Development (1), de décembre 2016. Mais les avis divergent, entre des effets plus ou moins marqués, ou des conséquences peu ou pas visibles. Ce qui est sûr, c’est qu’en termes médiatique, l’impact a été négatif. Mais cela n’empêche pas l’optimisme de la part des autorités monégasques, qui visent une sortie de cette liste grise en 2026. Le conseiller-ministre pour l’économie et les finances, Pierre-André Chiappori, a estimé que 80 % des manques relevés par Moneyval avaient été réglés avant la séance plénière et la déclaration officielle du Gafi du 28 juin 2024. La même positivité règne du côté du Conseil national et de son président, Thomas Brezzo. Dans une interview accordée cette semaine à Monaco Hebdo, il explique que ce placement en liste grise « ne doit pas être vu comme une sanction, mais plutôt comme un encouragement, d’autant que le Gafi reconnaît la qualité des efforts qui ont été entrepris, en particulier par l’Assemblée ». Pour la période 2024-2026, Thomas Brezzo se dit « pas inquiet, loin de là. Même si nous devons maintenir nos efforts, notre économie est forte et attractive pour les investisseurs ». Des propos volontaristes, qui ne font toutefois pas complètement oublier l’inquiétude palpable à Monaco, chez un certain nombre de professionnels.

1) https://www.cgdev.org/sites/default/files/impact-anti-money-laundering-SWIFT-data.pdf.