Ces dernières semaines, la question du « surtourisme » a monopolisé une partie du débat médiatique. Le 18 juin 2023, le gouvernement français a communiqué autour d’un plan pour tenter d’optimiser la gestion des flux touristiques et venir en aide aux collectivités locales confrontées à des explosions de la fréquentation sur leurs territoires. Dans la région Sud, la faune et la flore des calanques marseillaises sont menacées, et des mesures ont déjà été prises. Par exemple, depuis juin 2022, pour accéder à la calanque de Sugiton, il faut avoir fait une réservation en amont. Fixée à 400 personnes et prise pour une durée de cinq ans, cette restriction est appliquée pendant l’été, jusqu’en septembre. Même logique pour l’île de Porquerolles (Var), où le parc national de Port-Cros a signé une convention avec les compagnies de transport maritimes pour limiter à 6 000 le nombre de personnes pouvant débarquer sur cette île. Ailleurs, le constat est le même. Des îles Lavezzi (Corse-du-Sud), aux falaises d’Etretat (Seine-Maritime), en passant par le Mont-Saint-Michel (Manche), on affiche plus que complet. Si cela affecte l’environnement, cela se répercute aussi sur l’économie, puisque, selon des chiffres publiés lundi 27 février 2023 par Atout France, en 2022, les touristes étrangers ont généré un total de 57,9 milliards d’euros pour les caisses de la France. Entre l’inflation et le retour des touristes américains et européens, les explications ne manquent pas pour comprendre cette hausse de 1,2 milliard d’euros par rapport à 2019. En Europe, la France se classe deuxième, derrière l’Espagne qui a repris la première place en 2022. Fin novembre 2022, l’Espagne affichait un total de 64,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. En principauté, on constate aussi une embellie. Selon l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE), à Monaco le chiffre d’affaires 2 022 des 310 établissements du secteur hôtellerie et restauration a atteint 867,7 millions d’euros. Ce qui représente une hausse de 288,4 millions d’euros par rapport à 2021 (+49,8 %). Pour la première fois, ce chiffre d’affaires a dépassé le niveau atteint avant la pandémie de Covid-19 : en 2019, ce secteur avait généré 809 millions d’euros. En 2022, l’hôtellerie-restauration représentait 4,9 % du chiffre d’affaires de Monaco, en dehors des activités financières et d’assurance, ce qui en faisait le huitième contributeur. En 2019, ce secteur pesait 6,2 % du chiffres d’affaires de la principauté et se classait septième en termes de contribution. Derrière ces bons résultats, ce sont les 16 hôtels de la principauté qui ont tiré leur épingle du jeu, puisqu’ils pèsent 71,4 % du chiffre d’affaires, contre 26 % pour les 245 restaurants de la principauté. Face à ces bons résultats, pour éviter le « surtourisme », Monaco refuse de tomber dans le « toujours plus », en préférant miser sur le « toujours mieux ». Ce qui n’empêche pas la direction du tourisme de se questionner sur les actions à mener pour rendre le tourisme le moins polluant possible en principauté. Entre économie et environnement, la ligne de crête est toujours aussi mince.




